Au plus haut, l’action Virbac dispose d’atouts pour poursuivre son galop
Y a-t-il eu un effet confinement, ou plus largement, un effet des mesures de restriction et du contexte anxiogène lié à la pandémie sur le marché de la santé animale ? A l'évidence oui. Les visites chez les vétérinaires et le nombre d’adoptions d’animaux de compagnie connaissent une orientation «très positive», selon Virbac, dont le chiffre d’affaires du premier trimestre a nettement dépassé les attentes, provoquant une envolée de son cours de Bourse vendredi. Le titre a flambé de 18,53% vendredi, à 275 euros, à son plus haut historique.
Le septième laboratoire pharmaceutique mondial pour la santé animale a nettement rehaussé ses perspectives financières pour l’année, estimant que «ces indicateurs devraient soutenir la croissance du marché à un niveau beaucoup plus élevé qu’initialement anticipé». Aux Etats-Unis par exemple, selon les estimations du cabinet Packaged Facts, la population d’animaux de compagnie a augmenté de 4% l’an dernier, en grande partie sous l’effet du Covid-19.
Cette évolution est allée de pair avec une plus grande diversification du secteur vétérinaire en termes de canaux de distribution, que ce soit par le biais de cliniques vétérinaires mobiles en magasin ou de pharmacies en ligne pour animaux de compagnie.
L’atout de la diversification
Aux Etats-Unis justement, sans tenir compte des ventes des antiparasitaires Sentinel, cédées à l'été 2020, le chiffre d’affaires de Virbac a bondi de 67,9% au premier trimestre, la hausse s'élevant à 84,7% à taux de change constants, une performance «extrêmement forte», soulignée par le courtier Jefferies. «Mais toutes les zones géographiques ont contribué à la croissance», observe de son côté Gaetan Calabro, chez Portzamparc.
En plus de profiter d’un marché porteur, «l’une des grandes forces du groupe est sa diversification», ajoute l’analyste. Les croissances à deux chiffres des gammes spécialités, dentaire, antiparasitaires, dermatologie et alimentation ou «petfood» ont largement compensé le léger recul enregistré par la gamme vaccins pour chiens et chats, pénalisée par des problèmes de production.
L’ampleur de la réaction boursière de Virbac traduit un fort contrepied au regard des attentes. Les analystes n’hésitent généralement pas à se montrer un peu plus optimistes que les dirigeants du laboratoire vétérinaire, connus pour leur prudence lorsqu’ils formulent leurs perspectives. Mais, en l’occurrence, la croissance observée aux Etats-Unis et en Asie-Pacifique «dépasse sensiblement» tout ce qui pouvait être anticipé, note Oddo BHF. A propos des performances de certaines gammes de produits, le courtier évoque «des scores de croissance aussi remarquables qu’inattendus».
Un groupe traditionnellement prudent
Toutefois, les investisseurs ne sont peut-être pas au bout de leurs surprises. Le groupe prévoit à présent pour 2021 une croissance à taux constant et périmètre constants comprise entre 6% et 10%, contre une fourchette précédente de 3% à 5%. Ce qui ne veut pas dire que le laboratoire, traditionnellement prudent, ne fera pas encore mieux. Idem pour la nouvelle prévision de «résultat opérationnel courant avant amortissement des actifs issus d’acquisitions» sur chiffre d’affaires, désormais attendue entre 12% et 14% à taux de change constants.
Notamment, «l’essor des ventes en ligne pourrait se confirmer sur le long terme, permettant de pérenniser une partie des économies de coûts constatées en 2020», remarque Jefferies.
Si l’on tient également compte des importants lancements de produits attendus d’ici à 2022 et 2023 et de l’ambitieux lancement de la gamme «petfood» aux Etats-Unis prévu pour la fin 2021, le cours de Bourse de Virbac n’a sans doute pas fini son beau parcours.
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