Atos saisit le Parquet national financier au sujet d’un actionnaire à l’identité mystère
L’entreprise Atos, sous le feu des projecteurs pour des problèmes de comptabilité dans deux unités aux Etats-Unis, a déposé plainte mardi devant le Parquet national financier (PNF) pour diffusion d’informations fausses ou trompeuses à la suite de déclarations de franchissement de seuils de la part d’un actionnaire, a indiqué une porte-parole de la société à l’agence Agefi-Dow Jones.
Mardi, elle avait aussi annoncé avoir contacté l’Autorité française des marchés financiers (AMF) concernant l’identité incertaine d’un nouvel actionnaire qui a déclaré détenir plus de 5% du capital du groupe, avait rapporté BFM Business. A savoir la société Finsur, qui avait indiqué à l’AMF avoir dépassé les 5% du capital d’Atos dans un avis daté du 17 mai. Ces 5,08% du capital d’Atos en faisait l’un de ses principaux actionnaires. Cette société est ensuite repassée sous ce seuil le 21 mai, pour ne détenir plus que 4,23%, selon un autre avis de l’AMF. Cette prise de participation résulte d’acquisitions et de cessions d’actions sur le marché, a précisé l’autorité.
Selon BFM Business, Finsur, une société enregistrée dans l’Etat américain du Delaware, a été créée en octobre 2017 sans aucun apport ni filiale. Elle est détenue par Dylan Dariah, une personne domiciliée à Beaugency, dans le Loiret. Finsur a été radiée en France le 18 février 2020 après avoir été inscrite au greffe du Tribunal d’Orléans en 2019, précise BFM Business.
En février 2020, Dylan Dariah a créé une autre société, Tiniance Investment, également basée à Beaugency. «D’après les statuts de cette dernière société, ce natif de Martinique n’a que 26 ans et réside à la même adresse que les sociétés Finsur et Tiniance», explique BFM Business. La radio indique avoir tenté de joindre le dirigeant de ces entreprises en passant par son notaire, qui a n’a pas souhaité répondre, invoquant le secret professionnel.
L’affaire intervient alors que Atos mène actuellement une revue complète des bilans de deux de ses filiales aux Etats-Unis après avoir identifié des erreurs comptables. Les actionnaires d’Atos ont ainsi rejeté les comptes consolidés 2020 en assemblée générale le 12 mai. L’annonce de la découverte de ces erreurs a fait chuter la valeur boursière du groupe, qui accuse une baisse de plus de 26% depuis le début de l’année, à un peu plus de six milliards d’euros. Atos doit faire un point sur ce dossier lors de la présentation de ses résultats du premier semestre, prévue le 28 juillet.
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