Atos reprend des couleurs grâce à un accord de financement
L’entreprise de services numériques rassure malgré la publication de résultats en baisse. L’action Atos gagne 11% mercredi à 11 euros après que le groupe a annoncé, à l’occasion de la publication de ses comptes semestriels, un accord sur un nouveau financement bancaire qui doit lui permettre de mener à bien son plan de transformation.
L’entreprise avait dévoilé mi-juin ce plan qui prévoit une scission en deux sociétés distinctes d’ici à fin 2023. La première entreprise conserverait le nom d’Atos et regrouperait les activités historiques de gestion d’infrastructures de centre de données. La seconde prendrait le nom d’Evidian et rassemblerait les activités liées à la transformation numérique ainsi que celles de Big Data et Sécurité (BDS). Le groupe avait alors évalué ses besoins de financement à 1,6 milliard d’euros pour la période 2022-2023, jusqu'à ce que cette séparation soit effective.
Pour assurer le financement de cette période de transition, Atos avait indiqué vouloir transformer une partie de sa facilité de crédit renouvelable de 2,4 milliards en un prêt à terme d’un montant de 1,5 milliard d’euros.
Un risque écarté
Mercredi, Atos a annoncé avoir sécurisé auprès des banques ce financement, qui prend la forme d’un prêt à terme non garanti avec une maturité de 18 mois et deux extensions de six mois à la discrétion de la société. «La période de transition est désormais entièrement financée, et la liquidité du groupe est significativement renforcée», a expliqué la société.
«C’est une bonne nouvelle qui rassure un peu le marché et écarte au moins temporairement le risque d’une augmentation de capital», souligne Maxime Dubreil, analyste au sein d’Invest Securities.
Un analyste juge également cette annonce rassurante car «une partie du marché s’imaginait que le groupe rencontrerait des difficultés à mettre en place ce financement». Ce même intermédiaire financier estime par ailleurs que «la société semble désormais sous contrôle, avec des résultats semestriels sans mauvaise surprise et la confirmation des perspectives pour 2022».
Objectifs dégradés
Atos a par ailleurs annoncé mercredi avoir accusé une nette baisse de ses résultats au premier semestre de cette année et prévoir pour l’ensemble de l’exercice 2022 une marge opérationnelle et un flux de trésorerie dans le bas des fourchettes précédemment données.
Le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 5,56 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, en baisse de 0,6% à taux de changes constants et de 2,1% en données organiques sur un an. Lors du seul deuxième trimestre le chiffre d’affaires s’est contracté de 1,9% en données organiques.
La marge opérationnelle du premier semestre de 2022 s’est établie à 59 millions d’euros, contre 302 millions au premier semestre de 2021, soit 1,1% du chiffre d’affaires, contre une marge 5,6% enregistrée un an plus tôt.
Le flux de trésorerie disponible a été négatif de 555 millions d’euros sur le semestre écoulé, contre un décaissement de 369 millions d’euros, un an auparavant.
La perte nette d’Atos est ressortie à 503 millions d’euros au premier semestre de cette année, contre une perte de 129 millions d’euros au premier semestre 2021. Le résultat net normalisé, qui retraite les éléments inhabituels et non récurrents, s’est établi en perte de 119 millions d’euros contre un bénéfice de 162 millions sur les six premiers mois de 2021.
Plus d'articles du même thème
-
Antin digère mal l'effet des désinvestissements sur ses résultats semestriels
Le groupe spécialisé dans la gestion des infrastructures accélère les sorties et la distribution aux investisseurs, en attendant un nouveau cycle de levée de fonds. En Bourse, l'action tutoie ses plus bas historiques. -
La maison mère de Zara déçoit malgré un été dynamique
Le groupe de prêt-à-porter Inditex, qui a récemment touché un sommet historique en Bourse, a révélé une marge brute inférieure aux attentes pour son deuxième trimestre mais ses ventes restent bien orientées. -
Interparfums a fait mieux que prévu au premier semestre
Les résultats du groupe ont reculé au cours des six premiers mois de l'année mais dans des proportions moindres qu'anticipé.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
LE CONSEIL DE LA SEMAINETaxe sur les holdings : anticipez dès maintenant ! – Le conseil de Thaïs Castang
La loi de finances pour 2026 instaure une nouvelle taxe visant certaines holdings patrimoniales. La mesure s'appliquera aux exercices clos à compter du 31 décembre -
ConfusionMinistre et soutien d'Edouard Philippe, la double casquette qui gêne de plus en plus
En l'absence de règle claire fixée par Sébastien Lecornu, chaque ministre gère comme il peut les questions liées à la campagne présidentielle. Cela fait naître des critiques internes à Renaissance et crée l'embarras quand la préparation du budget commande l'unité -
Sélection, frais d'inscription, étudiants étrangers : un rapport du Sénat veut rétablir « l'excellence » de nos universités
Fin du droit automatique aux études pour les bacheliers, multiplication par cinq des droits d’inscription, affirmation de frais différenciés pour les étudiants étrangers… Un rapport sénatorial publié ce mercredi propose 10 mesures chocs pour rétablir « l’excellence académique » de l’université.