Atos Origin veut éviter les erreurs du passé en reprenant l’informatique de Siemens
Attendu depuis plusieurs années, l’adossement des services informatiques de Siemens (SIS) a fini par se concrétiser sous la forme d’un «partenariat stratégique global» avec Atos Origin qui deviendra la première SSII européenne. En reprenant SIS pour un total de 850 millions d’euros, le groupe français semble avoir tiré les leçons des problèmes rencontrés lors du rachat d’Origin et de Sema, en s’attachant à mieux gérer la structure de cette transaction.
En premier lieu, 250 millions d’euros seront payés par l’émission d’obligations convertibles à 5 ans (coupon de 1,5%), qui ne pourront être converties par Siemens avant les deux premières années. Les 414 millions reçus en actions nouvelles Atos sont également accompagnés «d’un lock-up de 5 ans, contre 2 ans pour les deux grandes acquisitions précédentes», soulignent les analystes de Natixis. Enfin, le contrat d’infogérance de 5,5 milliards sur 7 ans conclu avec le groupe allemand «représenterait seulement 9% du chiffre d’affaires», ce qui limite la dépendance à un client, selon Oddo MidCap.
Correspondant à 0,24 fois le chiffre d’affaires 2010 en valeur d’entreprise, le prix payé apparaît d’autant plus faible que Siemens assumera «la quasi-totalité des coûts d’intégration et de restructuration», relève le CM-CIC Securities. Le PDG d’Atos Thierry Breton a indiqué que les suppressions de postes prévues chez SIS ne concernent pas les effectifs d’Atos, en précisant que le groupe souhaitait recruter «entre 6.000 et 7.000 personnes l’an prochain». Il table sur des synergies de 225 millions d’euros en 2013, conduisant à un cash-flow libre compris entre 350 et 400 millions. Avec un endettement net réduit à zéro fin 2012, Atos préserve donc sa capacité de croissance externe dans les services de paiement, un segment en voie de consolidation.
Premier actionnaire d’Atos avec 25% du capital, PAI Partners «a apporté son entier soutien» au partenariat engagé avec Siemens. Si la transaction, bouclée en juillet 2011, devrait faire passer sa participation à 22,5%, une source proche de PAI a indiqué à L’Agefi que «le groupe de private equity n’a pas vocation à être durablement dilué au capital d’Atos». L’action de la SSII a bondi de 13,5% à 38,4 euros, tandis que celle de Siemens a clôturé en hausse de 2,3% à 93,2 euros.
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