AT&T renonce finalement à son rêve de grandeur en laissant filer T-Mobile USA
AT&T lâche sa proie. Alors qu’effectivement l’affaire ne semblait pas idéalement engagée, le groupe américain a annoncé hier soir avoir convenu avec Deutsche Telekom de renoncer à acquérir la filiale de téléphonie mobile de l’opérateur allemand aux Etats-Unis, T-Mobile USA. Une transaction d’un montant de 39 milliards de dollars dont le projet avait été dévoilé en mars dernier. Ce qui en faisait rien de moins que la plus importante opération de fusion-acquisition annoncée dans le monde cette année.
AT&T a simplement concédé qu’il avait sous-estimé les obstacles réglementaires à une telle union, qui aurait donné naissance au numéro un du secteur aux Etats-Unis, de par le rapprochement des numéros deux et quatre. Le projet avait déclenché la vive attention tant de la Commission fédérale des communications, la FCC, que du département de la Justice.
Le géant américain des télécoms n’est particulièrement pas parvenu à convaincre les autorités qu’il serait capable de remédier à l’impact de la transaction en termes de concurrence. Le 12 décembre, le juge chargé de l’affaire avait accepté une demande de report d’audience de la part d’AT&T devant lui permettre de revoir sa copie et éventuellement de réviser ses ambitions à la baisse. A l’annonce du projet pourtant, le directeur général d’AT&T, Randall Stephenson, s’était déclaré confiant quant à l’obtention des approbations réglementaires, l’opération devant permettre selon lui d’améliorer le service, de renforcer les investissements pour des réseaux plus performants et d’accélérer l’expansion technologique dans des zones rurales. Les craintes avaient pourtant surgi : l’union permettrait de mettre hors course un concurrent agressif sur les tarifs.
Conformément à une annonce faite en novembre, conforme à la clause de rupture du projet initial, AT&T a indiqué qu’il inscrirait au titre du premier trimestre 2012 une charge de 4 milliards de dollars correspondant à l’indemnité de rupture. 3 milliards seront versés en numéraire à Deutsche Telekom, qui bénéficiera en outre d’un accord de services d’itinérances et d’un ensemble de licences mobiles pour T-Mobile USA.
Deutsche Telekom a dit pour sa part hier qu’il réintégrerait T-Mobile USA dans ses opérations poursuivies. Le groupe allemand a ajouté que sa prévision d’un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de l’ordre de 19,1 milliards d’euros en 2011 n'était pas modifiée.
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