AstraZeneca vend à un bon prix sa filiale d’implants dentaires à l’américain Dentsply
Confronté comme ses homologues à la concurrence grandissante des médicaments génériques, AstraZeneca va désormais pouvoir concentrer ses efforts sur le développement de nouvelles molécules. Le deuxième laboratoire britannique après GlaxoSmithKline a annoncé hier la cession de sa division d’implants dentaires, Astra Tech, à l’américain Dentsply pour un montant de 1,8 milliard de dollars (1,28 milliard d’euros). Le groupe réfléchissait, avec l’aide de JPMorgan, depuis novembre 2010 à l’avenir de cette activité, trop petite par rapport aux deux spécialistes mondiaux, Straumann et Nobel Biocare. Avec Astra Tech, Dentsply double de taille et devient le numéro trois mondial des implants dentaires. Le groupe américain était conseillé par Morgan Stanley.
Des fonds d’investissement ont regardé le dossier mais le 1,8 milliard de dollars proposé par Dentsply a emporté la décision. S’il est inférieur aux 2 milliards de dollars escomptés par AstraZeneca lors de l’ouverture du processus de vente en fin d’année dernière, le prix est jugé très correct par les analystes. Il représente 3,3 fois le chiffre d’affaires 2010 d’Astra Tech (535 millions de dollars) et 17 fois son Ebitda (105 millions). A titre de comparaison, Johnson & Jonhson a récemment payé le fabricant de broches orthopédiques Synthes 15 fois son Ebitda 2010, alors que celui-ci affiche une marge nettement supérieure.
La vente d’Astra Tech ne modifie pas le profil financier d’AstraZeneca. La division avait été placée dans les activités non stratégiques depuis plusieurs trimestres et n’entre donc pas dans les objectifs financiers annoncés par le laboratoire pour 2011. Il table toujours sur un bénéfice net par action compris entre 6,95 à 7,25 dollars, contre 6,71 dollars en 2010. La cession pourrait en revanche permettre au groupe d’accélérer son programme de rachats d’actions. AstraZeneca prévoit de racheter pour 4 milliards de dollars de ses propres titres cette année, soit quasiment 6% de sa capitalisation boursière actuelle. Elle devrait également libérer des ressources pour accentuer la recherche alors que les brevets de deux des principaux médicaments d’AstraZeneca (Seroquel et Nexium) tomberont dans le domaine public aux Etats-Unis en 2012 et 2014.
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