AstraZeneca met en place la refonte de ses activités de recherche et développement
A trois jours d’une présentation de la stratégie devant les investisseurs, AstraZeneca a levé lundi un coin du voile. Dans un communiqué, le groupe pharmaceutique britannique a annoncé un chantier de taille : la réorganisation des activités de recherche et développement (R&D) qui seront concentrées dans trois pôles (Cambridge au Royaume-Uni, Gaithersburg aux Etats-Unis et Moelndal en Suède).
L’un des objectifs vise à rapprocher les chercheurs travaillant sur des produits biologiques et ceux développant de petites molécules, a indiqué le directeur général Pascal Soriot, un ancien cadre d’Aventis et Roche. Par ailleurs, le siège social sera transféré de Londres à Cambridge d’ici 2016 avec un investissement de 330 millions de livres dans un nouveau complexe. «Nous voulions nous rapprocher de la science d’exception», a-t-il souligné. Selon Eric Le Berrigaud, analyste de Bryan Garnier, ce choix montre également l’influence croissante de MedImmune, une biotech américaine acquise en 2007 qui dispose déjà d’un centre de R&D à Cambridge.
Ce virage aura un double coût. En terme d’emploi, avec la suppression envisagée de 1.600 postes, soit 3,1% des effectifs à fin 2012. Le centre de R&D d’Alderley Park, le plus gros site de recherche du groupe, en activité depuis 40 ans, fermera ses portes. Et sur un plan comptable avec une charge exceptionnelle de 1,4 milliard de dollars (1,08 milliard d’euros), dont 800 millions de dollars de dépenses cash. Les synergies tirées du programme sont en revanche estimées à 190 millions de dollars par an d’ici à 2016.
Sous la direction de Pascal Soriot, AstraZeneca cherche les moyens de se relancer alors que le groupe verra des produits représentant 40% de ses ventes perdre leur brevet d’ici à fin 2014. Les analystes chiffrent l’impact sur les ventes à près de 6 milliards de dollars sur les cinq prochaines années. Le directeur général a souligné que cette réorganisation ne devait pas être interprétée comme une étape menant à une acquisition d’envergure. Le groupe complétera ses actifs existants avec «une série de partenariats de développement et des acquisitions stratégiques et de petite taille». Il fonde également ses espoirs sur la montée en puissance de son médicament pour le cœur Brilique.
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