AstraZeneca coupe dans ses effectifs mais pas dans ses dividendes
AstraZeneca n’en finit pas de se restructurer. Le laboratoire anglo-suédois va supprimer 7.300 postes en plus des 1.500 licenciements annoncés en fin d’année 2011. Il s’agit du troisième plan social d’envergure lancé par le groupe depuis 2007. Au total, AstraZeneca aura supprimé 21.600 postes, soit environ un quart de ses effectifs.
Ces nouveaux départs devraient entraîner 2,1 milliards de dollars de charges de restructuration, a calculé le laboratoire. Mais ils lui permettront d’économiser 1,6 milliard de dollars par an d’ici à la fin 2014, soit environ 10% de ses charges d’exploitation annuelles. Les réductions d’effectifs toucheront les services administratifs mais aussi les équipes de R&D.
Selon la direction d’AstraZeneca, ce nouveau plan s’impose alors que les mesures gouvernementales de réduction des dépenses de santé se multiplient en Europe. Surtout, le groupe doit faire face à l’expiration prochaine de plusieurs brevets. L’antipsychotique Seroquel, deuxième meilleure vente du groupe (5,8 milliards de dollars en 2011), va perdre son exclusivité aux Etats-Unis dès mars 2012, ainsi que dans plusieurs pays européens dans le courant de l’année. Le groupe s’attend à un exercice 2012 «difficile», maqué par une chute de 14% à 18% de son résultat opérationnel.
La suite s’annonce également compliquée. Nexium tombera dans le domaine public en 2014 et Crestor en 2016. En face, les développements récents pour mettre au point de nouvelles molécules sont peu probants. La direction abaisse d’ailleurs la contribution annuelle des nouveaux produits entre 2 et 4 milliards de dollars, contre 3 à 5 milliards auparavant.
Et pourtant, AstraZeneca ne coupera pas dans ses dividendes. Comme le rappelle Natixis, «chez AstraZeneca, la politique de retour à l’actionnaire est la plus ambitieuse du secteur». En 2011, le laboratoire a redistribué 9,4 milliards de dollars, avec un dividende en hausse de 10%, et 5,6 milliards de dollars de rachats d’actions.
Pour 2012, le groupe s’engage sur une nouvelle progression du dividende et sur un programme de rachats de titres de 4,5 milliards de dollars. Un soutien relativement vain. Hier, à la Bourse de Londres, le cours de l’action a chuté de 3,41% à 105,5 pence alors que le secteur, représenté par l’indice Stoxx Health Care, n’a plié que de 0,35%.
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