Arkema table sur un excédent brut d’exploitation en hausse de 40 % d’ici cinq ans
Le plan stratégique d’Arkema présenté hier aux investisseurs vise à l’horizon 2015 un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros et un excédent brut d’exploitation (EBE) de plus d’un milliard, soit une progression respective de 30% et 40% par rapport à 2010. Né de la scission en 2006 des activités chimiques de Total, le groupe privilégiera le développement de la chimie industrielle et des produits de performance, deux fois plus rentables que son activité de produits vinyliques.
La croissance organique apportera un milliard de chiffre d’affaires supplémentaire, dont 400 millions issus de nouveaux produits, tandis que des acquisitions ciblées génèreront un surcroît net de ventes de 700 millions, après prise en compte de 300 millions de cessions. Le poids de l’Europe sera réduit de 48% à 40% du chiffre d’affaires, l’Amérique du Nord passera de 30% à 32% et l’Asie de 18% à 23% «grâce aux pays émergents qui absorberont entre un tiers et la moitié des investissements de capacité», précise Thierry Le Henaff, PDG d’Arkema.
La marge brute d’exploitation passerait de 12,5% à 14%, bénéficiant d’un strict contrôle des coûts et de moindres frais de restructuration. Ceux-ci seront «d’environ 30 millions par an contre 80 millions attendus cette année», souligne le directeur financier Thierry Lemonnier. «Si le nouvel objectif d’EBE d’un milliard inclut des acquisitions, cela ne paraît pas très ambitieux», juge un analyste londonien. Les investissements de maintenance s’élèveront en moyenne à 45% des investissements totaux, tandis que le BFR et la part récurrente des investissements seront maintenus à respectivement 16% et 5% du chiffre d’affaires.
Le groupe veut conserver une note de crédit (BBB-/Baa3 avec perspective stable) en catégorie «investissement», mais il se fixe un objectif d’endettement net sur fonds propres «inférieur à 40%» contre un niveau actuel de 12%, ce qui implique une hausse potentielle de l’effet de levier. Il est vrai qu’il dispose de 1,9 milliard d’euros de liquidité avec un échéancier moyen de dette supérieur à 3 ans, et que sa dette nette s’élève à 0,4 fois l’EBE contre un maximum de 3 fois pour respecter ses covenants bancaires. Après une hausse proche de 80% depuis janvier, l’action a cédé 3,3% hier à 46,3 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable