Areva se démantèle pour permettre sa recapitalisation
Areva devrait pouvoir mener sa recapitalisation cet hiver, sous réserve du feu vert de la Commission européenne, et finaliser l’accord de vente de sa division de réacteurs Areva NP à EDF. Le groupe de nucléaire a annoncé ce matin une réorganisation juridique et opérationnelle qui doit lui permettre de circonscrire le risque juridique et financier lié au chantier de l’EPR finlandais d’OL3. Ce chantier, pour lequel Areva et son associé Siemens sont en litige avec le client TVO, sera placé dans la structure Areva SA, permettant ainsi le transfert d’Areva NP à EDF. Ce dernier, qui est prêt à racheter une part majoritaire au capital d’Areva NP, avait conditionné le dépôt d’une offre engageante au fait d'être dégagé de toute responsabilité concernant le chantier OL3. Areva SA «en assurerait directement ou par l’intermédiaire d’une filiale, le bon achèvement, avec les moyens nécessaires et dans le respect des obligations contractuelles», a précisé Areva. Stéphane Lhopiteau, le directeur financier d’Areva, a précisé lors d’une conférence téléphonique que, dans le cas où TVO refuserait le transfert du contrat OL3 de Areva NP à Areva SA, une solution plus complexe consisterait à isoler ce contrat avant de céder l’activité réacteurs à EDF.
Cette réorganisation n’exclut toutefois pas la poursuite des négociations entre l’Etat français et son homologue finlandais pour tenter de trouver une issue négociée au litige, indique une source de Bercy, selon laquelle il reste «deux ou trois points de désaccord».
Les dernières activités opérationnelles d’Areva, dans le cycle du combustible nucléaire, seront placées dans une structure dénommée provisoirement «New Co». Cette société bénéficiera de la recapitalisation programmée de 5 milliards d’euros, même si une partie pourrait également aller vers Areva SA. L’Etat devrait assurer une grande part de la recapitalisation, probablement entre 3 et 4 milliards d’euros. Le solde sera apporté par des investisseurs extérieurs, dont le groupe chinois CNNC avec lequel un protocole d’investissement a déjà été signé en 2015. L’Etat détiendra directement et indirectement au minimum les deux tiers du capital de New Co.
New Co vise à l’horizon 2020 une marge d’excédent brut d’exploitation d’environ 25% et une rentabilité opérationnelle supérieure à 10% du chiffre d’affaires. Areva estime également que le cash-flow net des activités de l’entreprise permettra de réduire «significativement» son taux d’endettement au cours des prochaines années. New Co doit être constituée au cours du second semestre 2016.
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