Areva pourrait trouver ses besoins en capitaux dans ses mines d’uranium
Evoqué depuis des mois, l’avenir du pôle minier d’Areva est officiellement ouvert depuis le Conseil de politique nucléaire de lundi soir (L’Agefi du 22 février). «Areva va créer une filiale pour les mines, il peut y avoir la place pour des partenaires qui rentrent», a précisé hier, Eric Besson, le ministre de l’Industrie. L’idée du gouvernement, et des différents acteurs qui composent la filière nucléaire française, EDF en tête, est donc clairement d’ouvrir le capital de cette future filiale.
Compte tenu de la croissance attendue du parc mondial de centrales nucléaires au cours des trente prochaines années, l’actif recèle une importante valeur. Avec plus de 8.620 tonnes extraites en 2009 et 12.000 prévues pour 2012, Areva est le premier producteur mondial d’uranium, devant le canadien Cameco et l’australien Rio Tinto. L’ouverture du capital mettrait en lumière cette valeur. Cameco capitalise un peu plus de six fois le montant de son chiffre d’affaires. Avec ce ratio, la valeur des mines d’Areva ressort à 5,87 milliards d’euros, hors dette.
Elle permettrait aussi à Areva d’extraire les fonds dont il a encore besoin. Avec 4 milliards d’euros de dette fin 2010 (31% des fonds propres), 3 milliards de trésorerie et 2 milliards de lignes de crédit, le groupe n’a pas de problème de financement à court terme. Néanmoins, lors de l’augmentation de capital de 900 millions d’euros l’an dernier, la direction du groupe avait reconnu que cette somme, ajoutée aux différentes cessions d’actifs, ne suffirait pas à couvrir l’intégralité des besoins en financement, de l’ordre de 10 milliards d’euros. Un milliard manque encore à l’appel.
Or, la vente partielle du pôle minier semble plus facile à réaliser que la cession d’un nouveau pan du capital d’Areva. Lors des négociations sur la difficile augmentation de capital, le fonds souverain du Qatar avait indiqué à l’Etat français qu’il était plus intéressé par les mines d’Areva que par ses activités réacteurs qui, selon lui, «présentent un profil de risque et une cyclicité plus élevés». EDF pourrait aussi trouver un intérêt à prendre un ticket au capital de la filiale minière afin de sécuriser son accès à la matière fossile. En revanche, même si son nom a été avancé par Eric Besson, Eramet n’est pas tenté. L’idée d’une fusion avec le pôle minier a été abandonnée. Une participation minoritaire aurait encore moins d’intérêt pour Eramet.
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