ArcelorMittal tente d’afficher un moral d’acier pour le second semestre
ArcelorMittal a rassuré les observateurs hier, tant grâce à la publication de résultats du deuxième trimestre au-delà des attentes que par la tonalité jugée optimiste de son discours pour le climat du second semestre. Le titre a clôturé en hausse de 0,77% à 22,35 euros, ramenant son repli en 2011 à 21,26%.
Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires a bondi de 25% à 20,15 milliards de dollars (13,92 milliards d’euros) et l’excédent brut d’exploitation, au-delà des attentes, de 22% à 3,41 milliards. Une «belle performance» aux yeux du PDG Lakshmi Mittal, «stimulée par la hausse des prix de vente de l’acier». La hausse de la demande mondiale a bénéficié à nombre de concurrents, à l’image du premier résultat positif depuis dix trimestres affiché lundi par le numéro un américain US Steel ou de la hausse de 64% du bénéfice publiée le lendemain par l’indien JSW Steel.
Pour autant, les spécialistes de l’acier font preuve de sentiments contrastés quant à l’évolution de leur environnement sur le reste de l’année. ArcelorMittal veut croire à une «poursuite de l’amélioration de la demande sous-jacente», soutenue particulièrement par la Chine et le secteur automobile. Le traditionnel creux saisonnier du troisième trimestre serait ainsi bien moindre que l’an passé, conduisant pour le numéro un mondial à un Ebitda compris entre 2,4 et 2,8 milliards de dollars, conforme aux attentes.
La confiance d’ArcelorMittal tient notamment à une prévision de croissance de 7,0 à 7,5% de la consommation mondiale d’acier cette année, contre des gains de respectivement 5,9 et 6,4% envisagés par l’Association mondiale de l’acier et Morgan Stanley. Encore la demande reste-t-elle timide dans le BTP, un secteur auquel ArcelorMittal est davantage exposé que ses concurrents.
Certes le groupe luxembourgeois déploie une stratégie offensive en termes d’acquisitions d’actifs miniers visant à atténuer la volatilité de ses coûts. En témoigne le projet d’offre dévoilé ce mois-ci pour prendre, conjointement avec l’américain Peabody Energy, le contrôle de l’australien Macarthur Coal pour 5 milliards de dollars. ArcelorMittal a confirmé hier son objectif d’une croissance en 2011 de 20% de sa production de charbon à coke et de 10% de celle de minerai de fer. Il est vrai que selon HSBC, le prix moyen de ce dernier cette année pourrait atteindre 160 dollars la tonne, contre 122 dollars l’an passé.
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