ArcelorMittal se lamente de la perte de confiance de ses clients

Le groupe se dit soumis à des pressions tant sur les volumes que sur les prix mais confirme son objectif de rentabilité pour le semestre en cours
Benoît Menou

Le PDG d’ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, a fait vœu de prudence hier face à des «incertitudes sur les perspectives économiques (qui) se sont accrues au cours des dernières semaines». De quoi selon le dirigeant «impact(er) les niveaux de confiance de nos clients». Voilà donc le numéro un mondial de la sidérurgie «confronté à des pressions s’exerçant à la fois sur les volumes et sur les prix». Le ralentissement de l’activité devrait donc s’accentuer, la morosité de la demande sur les marchés développés, particulièrement en Europe, risquant d’affecter la demande chinoise notamment. Outre la faiblesse de la consommation, le directeur financier Aditya Mittal a tenu à souligner que l’attentisme des clients se traduit par une réticence sensible à accroître leurs stocks. Déjà au troisième trimestre, le groupe a utilisé 71% de sa capacité de production d’acier.

L’humeur d’ArcelorMittal, trahissant une situation «en demi-teinte» selon Natixis, est à vrai dire conforme à celles de ses rivaux internationaux. L’atonie de la demande (qui pourrait croître de 7% en 2011 et de 5% en 2012 selon le groupe) l’a contraint à revoir à la baisse son programme d’investissements, qui devraient être inférieurs aux 5,5 milliards de dollars prévus jusqu’ici. Le groupe n’a pas commenté hier l’abandon du projet de prise de contrôle conjointe avec Peabody de Macarthur Coal.

Pour autant, Lakshmi Mittal s’est félicité de pouvoir présenter pour l’heure une rentabilité opérationnelle qui «résiste bien». L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) du troisième trimestre, à 2,41 milliards de dollars (en repli séquentiel de 29%, pour un chiffre d’affaires de 24,21 milliards), a certes été conforme aux prévisions, mais dans le bas de la fourchette promise de 2,4 à 2,8 milliards. Le dirigeant met en lumière les atouts que sont la position de leader mondial du groupe, ses efforts sur les «gains de gestion», ainsi que le développement de l’activité minière (avec un objectif de hausse de la production cette année de 10% en minerai de fer et de 20% en charbon). Autant d’éléments qui ont permis hier à ArcelorMittal de confirmer son ambition d’une progression de l’Ebitda sur le semestre en cours par rapport au second semestre 2010 (4,1 milliards). Rompant avec la tradition, le groupe n’a pourtant pas souhaité précisé davantage ses prévisions pour le quatrième trimestre.

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