ArcelorMittal renonce à Macarthur et préfère se concentrer sur ses actifs
Volte-face inattendue d’ArcelorMittal. Le sidérurgiste a annoncé hier en milieu de journée que l’acquisition de l’australien Macarthur, en partenariat avec le groupe américain Peabody Energy, n’était plus à l’ordre du jour.
ArcelorMittal «a décidé qu’il ne serait plus convenable d’allouer un capital important à l’acquisition d’une participation ne donnant pas le contrôle» et qu’il «ne consolide pas entièrement». Au regard du niveau d’acceptation de l’offre, le groupe luxembourgeois préfère «concentrer ses capitaux sur d’autres secteurs de ses activités».
Rien ne laissait attendre une telle décision. Dimanche encore, le groupe luxembourgeois annonçait le succès l’offre du véhicule commun PEAMCoal (détenu à 60% par Peabody et à 40% par ArcelorMittal), avec 59,85% du capital de Macarthur apporté, au-delà du seuil minimal requis de 50,01%. «Nous encourageons les actionnaires restants de Macarthur à accepter sans délai et à améliorer leurs chances de recevoir le prix majoré », a déclaré Aditya Mittal, directeur financier du sidérurgiste. En effet, le prix de l’offre sera relevé de 16 à 16,25 dollars australiens par action, si au moins 90% des titres Macarthur sont apportées avant le 12 novembre. Cette offre, qui valorise le spécialiste du charbon pulvérisé à 4,9 milliards de dollars australiens (3,6 milliards d’euros) a été recommandée à l’unanimité par le conseil de Macarthur. Le chinois Citic, qui détient le quart du capital du groupe australien, a déclaré vendredi qu’il acceptait cette offre.
En juillet dernier, les deux partenaires avaient lancé une première offre à 15,5 dollars, avant de la relever en août à 16 dollars, alors que Macarthur estimait auparavant valoir 18 dollars.
Conformément à leur accord, le sidérurgiste cèdera ses parts dans les 90 jours à Peabody, qui poursuivra l’OPA seul. «Bien que nous étions sûrs de la coentreprise avec ArcelorMittal, nous avons toujours préféré une plus forte participation au capital, explique Gregory H. Boyse, PDG de Peabody. Nous nous sommes associés avec ArcelorMittal pour augmenter nos chances de prendre le contrôle de Macarthur, ce qui est arrivé ». En 2010, Peabody a été échaudé par l’échec d’une première tentative de prise de contrôle du groupe australien. Pour financer l’acquisition de Macarthur, Peabody va souscrire un emprunt d’au plus 1 milliard de dollars.
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