ArcelorMittal et Peabody tentent un passage en force sur Macarthur Coal
Trois semaines après avoir présenté une offre de rachat au producteur australien de charbon pulvérisé Macarthur Coal, ArcelorMittal et son partenaire américain Peabody ont décidé d’entrer en guerre en lançant hier une offre hostile de 4,7 milliards de dollars australiens (3,6 milliards d’euros) en numéraire, soit 15,50 dollars par action, plus un dividende de 0,16 dollar sur l’exercice clos fin juin 2011. Dans la proposition initiale, le dividende était déduit du prix offert.
Auparavant, le conseil d’administration de la cible avait jugé l’offre sous-évaluée. Et il avait déjà demandé un relèvement du prix à 18 dollars par titre, au regard des importantes synergies que devraient dégager l’acquéreur. Toutefois, ArcelorMittal et Peabody ont refusé de relever leur offre à ce niveau. Les deux partenaires mettent en avant la prime offerte de 45% sur le prix moyen du dernier mois.
Macarthur, conseillé par JPMorgan Australia, affirme discuter avec d’autres acquéreurs potentiels. Le groupe australien semble pour le moment en situation de force, alors que son titre a clôturé lundi à 15,83 dollars à Sydney. Le marché s’attend ainsi à une ou plusieurs offres alternatives, légèrement supérieures. Parmi les acquéreurs potentiels figurent les grands acteurs du secteur minier, comme Anglo American, Rio Tinto, Xstrata, Vale ou BHP Billiton.
ArcelorMittal, conseillé par RBC Capital Markets, et Peabody, conseillé par UBS, Bank of America Merrill Lynch et Morgan Stanley, ne devraient pas renoncer si facilement, d’autant que Peabody avait déjà échoué l’an dernier à racheter Macarthur. Pour le sidérurgiste, l’opération est stratégique. Elle lui permettra de sécuriser ainsi une partie de son approvisionnement en charbon pulvérisé, nécessaire à la production d’acier. Les deux partenaires assurent avoir déjà sécurisé le financement de l’opération.
L’offre, présentée par PEAMCoal –détenue par Peabody (60%) et ArcelorMittal (40%)– qui détient déjà 16,1% du capital de Macarthur, est soumise à un apport d’au-moins 50% des titres. Premier actionnaire du groupe australien avec 24,3% du capital, le chinois Citic Group s’est mis en retrait, afin d’éviter tout potentiel conflit d’intérêts, relançant ainsi des spéculations sur son intérêt pour l’ensemble du groupe australien.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs étrangers jouent contre les taux courts de la France
Face aux incertitudes budgétaires et politiques, les investisseurs étrangers, et probablement un peu les hedge funds, exacerbent la sensibilité des taux sur les Bons du Trésor français (BTF) à 6 mois. -
Apollo embarque Athora et l’Adic dans sa nouvelle machine à prêter européenne
Le gestionnaire américain lance European Credit Company, dotée de plus de 10 milliards d’euros de capacité de prêt, avec l’Adic, Athora, Norinchukin, Standard Chartered et une filiale de Temasek. -
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit