ArcelorMittal et Nunavut Iron s’entendent pour se partager Baffinland
La raison l’a emporté. ArcelorMittal et Nunavut Iron ont décidé vendredi de s’associer pour reprendre, ensemble, la mine de fer canadienne Baffinland qu’ils se disputaient depuis deux mois à coups d’enchères et de surenchères. Un accord qui profitera aux actionnaires de la mine puisque les deux groupes offrent 1,5 dollar canadien par action, mieux que ce qu’ArcelorMittal (1,4 dollar) et Nunavut Iron (1,45 dollar) proposaient séparément.
ArcelorMittal rappelle que ce prix représente une prime de 36% par rapport à son offre initiale de 1,1 dollar et que le bonus atteint 168% par rapport au cours des actions Baffinland avant le dépôt de la première offre non sollicitée de Nunavut Iron. L’offre valorise la mine canadienne 590 millions de dollars canadiens (445 millions d’euros). Les partenaires ont déjà sécurisé un peu plus de 35% du capital.
Les deux associés ont signé une convention de partage de Baffinland. Selon les termes de celle-ci, ArcelorMittal détiendra 70% de Baffinland et Nunavut Iron 30%. Le sidérurgiste va ainsi débloquer 311 millions d’euros pour sa participation, moins que les 411 millions d’euros qu’il était prêt à dépenser pour 100% du capital. Les deux groupes vont également pouvoir se partager les coûts liés à la mise en exploitation progressive du prometteur gisement de Mary River.
Situé dans la région hostile de Nunavut, au-delà du cercle polaire, le gisement ouvert en 2004 peut produire, avec un seul puits, 18 millions de tonnes de fer. Ses réserves totales sont estimées à 450 millions d’euros, ce qui assure une exploitation pendant au moins 21 ans, et permettrait de répondre aux besoins de l’Europe. Mais, compte tenu de son éloignement - il faudra par exemple construire une voie ferrée et routière de 143 km pour acheminer le minerai vers le port le plus proche, sa mise en service nécessitera près de 3 milliards d’euros d’investissement.
Avec cet accord, ArcelorMittal met la main sur une mine stratégique. Le premier producteur mondial d’acier, issu du minerai de fer, sera ainsi moins dépendant des groupes miniers comme Vale ou BHP Billiton. Il fait un grand pas pour atteindre son objectif d’autosuffisance à 80% en minerai de fer, ce qui lui permettra de se prémunir contre l’envolée des prix de la matière première dont le cours a doublé l’an dernier.
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