- Fusions-acquisitions
- Tribune
Après une pause, le marché des fusions-acquisitions affiche des signes de reprise
L’année 2024 est encore loin d’être terminée pour le marché du M&A. Pourtant, il est déjà possible d’établir un premier bilan et de dresser des perspectives pour 2025. Perspectives qui s’annoncent plus positives !
Après une année 2023 particulièrement compliquée, marquée par un fort recul du marché en valeur et en volume, 2024 devait se présenter comme l’année du rebond. Or celui-ci a mis plus de temps que prévu à se concrétiser. Le contexte macroéconomique était pourtant porteur avec le reflux de l’inflation et des anticipations de baisse des taux d’intérêt. Mais la dissolution et la trêve olympique ont définitivement mis le marché en vacances pendant près de trois mois.
Depuis la rentrée, la baisse des taux directeurs qui s’est concrétisée aux États-Unis et la stabilisation de l’inflation laissent augurer un redémarrage du marché M&A. De fait, le rythme des opérations a repris dès la rentrée de septembre à un niveau élevé, laissant prévoir une fin d’année particulièrement dynamique.
Les fonds de PE vont poursuivre l’animation du marché et devraient redonner confiance aux vendeurs car un point bas sur les valorisations a certainement été atteint.
Dans ce contexte, les fonds de private equity et les venture capitalistes vont poursuivre leurs levées de fonds. Pour optimiser leurs chances de succès sur ces levées de fonds, ils doivent remonter des liquidités vers leurs souscripteurs. Ceci va accélérer les décisions de sortie de portefeuille en privilégiant les actifs les plus monétisables à court terme et affichant de très beaux retours sur investissement. Une rotation des portefeuilles, évidemment propice aux opérations, qui devrait débloquer le marché.
A lire aussi : Le marché français du M&A consacre Lazard et BNP Paribas au premier semestre
Détente des multiples
Au-delà de ce mouvement, le marché conserve une liquidité abondante. Cette même liquidité a permis aux valorisations de descendre moins bas en termes de multiple d’Ebitda que lors des crises précédentes en 2008/2009 et 2011/2012. En effet, selon l’indice Argos, entre le point haut de 2021 (11,6x) et le point bas de 2024 (8,9x), le marché a perdu 2,7 points d’EBITDA. Et le point bas de 2024 reste très éloigné du point bas de 2009 (5,7x) ou de 20212 (6,3x). La relative résistance des valorisations sur ce cycle est certainement due au fort développement des marchés PE et Venture qui a permis de conserver de la liquidité pour réaliser les opérations les plus attractives.
Troisième raison d’anticiper un rebond des transactions : la baisse, enfin enclenchée, des taux directeurs des banques centrales. Initié par la BCE en juillet, suivie par la Fed en septembre, ce mouvement marque le début d’un long cycle de détente monétaire qui va lui aussi soutenir la valorisation des entreprises en réduisant le coût des opérations d’acquisition. Il existe également un effet théorique sur la valorisation. Une baisse des taux d’actualisation permet une remontée mécanique de valeurs, du fait de l’effet d’actualisation. Ce phénomène devrait s’accélérer avec les baisses attendues des taux d’intérêt sur fin 2024 et début 2025.
Nouveaux galons pour l’ESG
Porté par ces facteurs, l’année 2025 sera non seulement active mais verra quelques tendances lourdes s’établir. Nous devrions probablement assister au retour des transactions impliquant des entreprises de taille plus importante, alors que le marché des PME a été plus résilient que celui des grandes entreprises, en comparaison, ces derniers mois, suivant la stratégie de «build up» pour valoriser les portefeuilles des fonds. De même, la répartition sectorielle devrait continuer à privilégier les opérations dans le secteur du «green» («développement durable») ainsi que celui de la tech. Dans ce domaine précis, d’ailleurs, les valorisations sont restées élevées pour les entreprises les plus prometteuses dans le domaine de l’IA (en particulier du software).
Dernière caractéristique qui prend désormais une importance cruciale dans les opérations, l’ESG. Au cours des trois dernières années, ce thème est devenu central dans toutes les opérations : si une entreprise ayant un bon score ESG n’est pas forcément mieux valorisée que les autres, à l’inverse une entreprise mal notée souffrira d’une réelle décote à la vente voire d’une illiquidité.
Plus d'articles du même thème
-
La dette publique fragilise l'État mais pas l'ensemble des entreprises françaises
La dette publique française se dégrade. Faut-il en conclure que toutes les entreprises françaises seront également et durablement pénalisées sur les marchés ? Ce serait une erreur. -
Royaume-Uni : un budget sous haute surveillance
Le gouvernement britannique s'apprête à présenter son prochain budget. La voie pour regagner la confiance des investisseurs est étroite, estime Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques d’Amundi Institute. -
EQT Corp s’offre Range Resources pour créer un géant américain du gaz naturel
En absorbant son rival pour 13 milliards de dollars, le producteur d'hydrocarbures mise sur l'explosion de la demande énergétique des data centers induite par l'IA.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions -
Dossier explosifAutonomie corse : récit de la folle nuit où tout a basculé au Sénat
Le sénateurs ont détricoté puis rejeté le texte sur l'autonomie corse. Les forces nationalistes, qui avaient quitté le processus de Beauvau en cours de séance, entretiennent le mystère sur la suite