Après l’Espagne, la France devrait céder 3% du capital d’EADS
Madrid a vendu un bloc de 1,15%. Paris devrait placer ses titres logés aux Pays-Bas et sans droit de vote, avant la sortie de Lagardère et de Daimler
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Olivier Pinaud
La réorganisation du capital d’EADS est en marche. A la suite de l’accord de gouvernance approuvé la semaine dernière par l’assemblée générale du groupe d’aéronautique, les actionnaires ont engagé leurs cessions d’actions.
Conformément au planning, c’est l’Espagne qui a tiré la première, en raison de la taille modeste de son bloc. La fondation néerlandaise qui porte les titres au nom de la Sociedad Estatal de Participaciones Industriales (Sepi), l’agence des participations de l’Etat espagnol, a vendu 9,55 millions d’actions, soit 1,15% du capital d’EADS. Les titres ont été placés sur le marché par Merrill Lynch à un prix de 39,75 euros, soit une décote de 1,4% par rapport au cours de la veille (40,33 euros). L’Espagne, qui empoche 380 millions d’euros, conserve 4,2% du capital.
Ce premier reclassement ouvre la voie à une série de ventes dans les prochains jours. L’Etat français devrait ainsi vendre une partie de son bloc de 15% afin de se mettre au même niveau que l’Allemagne, à 12%. «Nous allons probablement céder la partie de notre capital entre les 15 % actuels, aujourd’hui placée dans une fondation de droit néerlandais et sans droit de vote, et les 12 % visés par le concert», a indiqué fin mars, David Azéma, le directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, devant la commission des Finances du Sénat.
Au prix d’hier, la vente de ces 3% rapporterait 980 millions d’euros à l’Etat. En vertu de la clause dite de «grand-père», l’Etat gardera la possibilité de remonter au-dessus du seuil des 15% si le concert entre actionnaires venait à disparaître et même si les nouveaux statuts d’EADS interdisaient toute participation supérieure à 15%.
Lagardère, qui piaffe d’impatience pour vendre sa participation de 7,44%, devrait suivre dans les prochaines semaines. Le groupe a de toute façon prévu d’avoir tout vendu avant l’été. Son homologue Daimler, également à la tête de 7,44%, en fera de même.
Au total, et après l’opération espagnole, il reste encore 17,88% du capital d’EADS à placer sur le marché. Pour limiter l’impact d’un tel afflux de papier sur le cours de Bourse, le groupe s’est engagé à racheter jusqu’à 15% de son capital, dans la limite de 3,75 milliards d’euros au total.
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