Apple fait faire un bond au marché obligataire australien
Le marché obligataire australien ne pouvait pas trouver meilleure promotion. Apple, la plus grosse capitalisation mondiale, prépare l’émission de sa première obligation «kangourou». Les discussions avec les investisseurs ont débuté hier. L’émission pourrait être lancée d’ici la fin de semaine.
Selon les premières indications, la taille de l’opération pourrait approcher le milliard de dollars australiens, soit la plus grosse émission jamais placée par un corporate non australien. Elle serait découpée en deux tranches, l’une à 7 ans et la seconde avec une maturité plus courte. Commonwealth Bank of Australia, Deutsche Bank et Goldman Sachs ont été mandatés pour l’opération.
En attirant Apple, le marché obligataire australien confirme son nouvel attrait pour les émetteurs étrangers. Jusqu’à présent, il servait principalement aux banques, aux agences supranationales ou aux groupes australiens. Au mieux, certaines filiales locales d’industriels étrangers le fréquentaient de temps en temps. BMW a ainsi placé des obligations pour 500 millions de dollars australiens en avril dernier. Mais le net écrasement des spreads ces derniers mois, sous l’effet de la baisse des taux de la Banque centrale australienne, a attiré de nouveaux émetteurs. SABMiller, le numéro deux mondial de la bière, a placé 700 millions de dollars en juillet, à 5 ans, pour sa première émission kangourou, 128 points de base au-dessus des taux swap. Emis par la filiale locale du brasseur, les titres sont garantis par la maison-mère britannique.
Apple poursuit ainsi la politique de financement initiée en mai 2013 avec l’émission de la première obligation de son histoire pour un montant de 17 milliards de dollars américains. Depuis, le fabricant de l’iPhone a émis en euros (1,8 milliard), en francs suisses (1,25 milliard), en yens (250 milliards) et tout dernièrement en livres sterling (1,25 milliard).
Cette dette, qui représente au total 25 milliards de dollars, dont 7,5 milliards en devises étrangères, contribue à financer la politique de rémunération des actionnaires, renforcée ces dernières années, notamment sous la pression de l’investisseur activiste Carl Icahn. Apple a prévu de retourner 200 milliards de dollars à ses actionnaires d’ici à mars 2017 et a engagé un programme de rachats d’actions de 140 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque d'Angleterre ne touche pas à ses taux d'intérêt
L'institution monétaire a opté une nouvelle fois pour le statu quo à sept votes contre deux mais elle se tient prête à agir pour réduire l'inflation. Elle a toutefois revu à la baisse ses prévisions de hausse des prix pour la fin de l'année. -
BHP tire les conséquences des surcoûts de son projet canadien dans la potasse
Le groupe minier australien passera une dépréciation de 2,3 milliards de dollars sur la valeur du projet Jansen dont la production débutera en 2027. -
Apple se résout à augmenter ses prix en raison de la pénurie de puces
Apple pourrait fortement augmenter les prix de ses futurs iPhone, Mac et iPad dès septembre, rattrapé à son tour par l'explosion de la demande mondiale en mémoire électronique pour l'IA.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tous derrière, lui devant
Présidentielle : Bruno Retailleau, le candidat qui veut marcher seul
Plusieurs barons de son parti boycotteront le meeting parisien du candidat LR à l'élection présidentielle, samedi à Paris. Mais Bruno Retailleau n'en a cure -
Coup de gommePour Donald Trump, l'« Indo-Pacifique » n'a plus lieu d'être, au grand dam de l'Inde
En rétablissant l'ancienne dénomination de leur plus important commandement militaire, les Etats-Unis relèguent au second plan New Delhi dans leur vision stratégique -
« Global Britain »Le Brexit aurait pu réussir si…
Il y a 10 ans, les Britanniques votaient par référendum en faveur du Brexit. Les experts sont unanimes, c'est un désastre économique. Cinq erreurs majeures ont été commises