Amundi reste quasi insensible à la baisse des marchés

Le géant de la gestion d’actifs enregistre une hausse de ses profits malgré une décollecte au troisième trimestre.
Réjane Reibaud
Amundi
Amundi perd 35% en Bourse depuis le début de l’année.  - 

Efficacité opérationnelle et résilience de l’activité commerciale dans un contexte difficile. C’est ainsi que Valérie Baudson a résumé les résultats du troisième trimestre 2022 publiés vendredi par Amundi.

La filiale de gestion d’actifs cotée du Crédit Agricole SA a fait état d’un résultat net ajusté en hausse de 5% sur le trimestre, à 283 millions d’euros. Et ce même alors que le groupe a enregistré une décollecte sur ses actifs gérés de près de 13 milliards d’euros sur les trois mois se finissant en septembre. Les encours ont diminué de 2% pour s’afficher à 1.895 milliard d’euros.

Sur le plan commercial, la directrice générale d’Amundi a mis en avant une décollecte limitée à 3,5 milliards d’euros si l’on ne retient que les actifs de moyen et long terme, c’est-à-dire hors monétaire. Le marché retail en France a collecté 900 millions d’euros tandis que l’international est aussi «bien orienté». Le retail enregistre une collecte positive en Allemagne, Italie et Espagne. Nicolas Calcoen, directeur général délégué d’Amundi, a souligné la bonne résistance des revenus à 758 millions d’euros sur le trimestre, grâce à la légère progression des commissions nettes de gestion favorisée par la collecte sur le retail et en gestion active, qui figurent parmi les activités les mieux margées.

L’ensemble des coentreprises décollecte par contre 1,3 milliard d’euros sur trois mois «en raison de sorties en produits de trésorerie et en Channel Business en Chine (produits gérés en extinction depuis deux ans dans sa coentreprise avec ABC en raison d’une évolution réglementaire, ndlr)». Mais en actifs moyen et long terme, les flux sont positifs de 3,8 milliards d’euros, notamment grâce à l’Inde et la Corée. Pour Valérie Baudson, la coentreprise indienne SBI MF «conforte sa position de leader» dans le pays.

Priorité à la croissance organique mais «consolidateur naturel»

Le groupe a par ailleurs indiqué que l’intégration opérationnelle de Lyxor était totalement achevée et qu’il en recueillait les premiers fruits. Le rachat avait été signé fin décembre 2021, les équipes ont été intégrées en mars, les entités juridiques fusionnées en juin et les migrations informatiques viennent de se terminer. Les premières synergies de coûts ont été enregistrées au troisième trimestre et devraient monter en puissance d’ici la fin de l’année. Valérie Baudson a confirmé les objectifs de synergies issues de la fusion, à savoir 60 millions d’euros en année pleine dès 2024 pour les synergies de coûts, et 30 millions en année pleine dès 2025 pour les synergies de revenus. La dirigeante a confirmé aussi l’ensemble des objectifs du plan 2025 annoncé en juin, «malgré les conditions de marché difficiles».

Interrogée sur son appétit quant à une acquisition qui pourrait se présenter justement en raison des conditions de marché actuelles, la directrice générale a rappelé qu’Amundi était un «consolidateur naturel du marché». «L’intégration de Lyxor a montré que nous avions cette expertise, assez rare finalement dans l’industrie de la gestion (..), de savoir assembler des sociétés de gestion avec efficacité. Si des opportunités se présentent et que les conditions de marché le permettent, nous les regarderons avec attention à condition qu’elles répondent à notre stratégie (...)», a-t-elle commenté tout en ajoutant que la croissance organique était la priorité.

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