Altice laisse le marché sceptique avec sa nouvelle gouvernance
L’action chutait encore vendredi, cédant 36% en six jours. Les obligations sont sous pression, mais cotent, sauf une, au-dessus du pair.
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Bruno de Roulhac
Le déploiement de la fibre optique en France reste un enjeu déterminant.
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Photo SFR/Maxime Dufour.
L’actionAltice signait une sixième séance consécutive de baisse vendredi à Amsterdam, au lendemain du limogeage de son directeur général Michel Combes, également PDG de SFR, depuis seulement deux ans. Si le titre Altice évoluait vendredi en territoire positif à Wall Street, l’action cédait 3,38% à 10,30 euros à Amsterdam, soit un recul de plus de 36% en six séances après la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Signe que cette démission ne permet pas encore de regagner la confiance des investisseurs. Pour Bryan Garnier, le retour de Patrick Drahi, fondateur d’Altice, aux commandes, comme président non exécutif signifie que la situation des activités françaises est plus grave que prévu. «Cette réorganisation est destinée à aligner les intérêts des actionnaires avec ceux des dirigeants afin de restaurer la confiance des investisseurs, note Bryan Garnier. Mais nous ne sommes pas convaincus que ce sera le cas, dans la mesure où la nouvelle gouvernance pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses». Autre inquiétude du courtier, la difficulté d’Altice à attirer et à conserver ses cadres dirigeants, déjà après le départ de Michel Paulin, directeur général délégué de SFR en septembre, dix-huit mois après son arrivée.
Les inquiétudes se focalisent sur la France et sur SFR. A Patrick Drahi, qui se donne pour mission de «fixer les priorités stratégiques, opérationnelles, commerciales et technologiques pour le groupe et son exécution, en particulier pour SFR», et à son bras droit, Dexter Goei, niveau directeur général d’Altice, d’inverser la tendance.
Le niveau de dette d’Altice, près de 50 milliards d’euros fin septembre, et le poids des investissements nécessaires dans cette industrie ne vont pas rassurer les investisseurs. Les obligations sont sous pression. Notamment la ligne 2025 en euros à 6,25% a abandonné près de 8 points en six séances à 103,35 vendredi. Plus modéré, CreditSights constate que seule la ligne 2028, qui offre un faible coupon de 4,75%, cote en dessous du pair. Le bureau de recherche devient de plus en plus prudent sur Altice International (Finco et Financing) mais est plus à l’aise avec SFR. Si «SFR est au cœur des déceptions opérationnelles, c’est là où la qualité des actifs sous-jacents est la plus facile à voir et la plus robuste», précise CreditSights, en ajoutant que le risque baissier, dans le pire scénario, est plus fort pour Altice que pour SFR.
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