Alstom remet en lumière le rôle de l’Etat actionnaire
En annonçant le transfert d’ici la fin 2018 de la production de trains et du bureau d’études de Belfort vers le site alsacien de Reichshoffen, Alstom semble avoir pris tout le monde de court. Y compris l’Etat français, pourtant présent au conseil d’administration du groupe de transport. Dans le cadre des accords conclus entre l’Etat et Bouygues en juin 2014, l’Etat a signé un prêt de titres avec Bouygues jusqu’à la fin 2017, lui permettant d’exercer ses droits de vote dans Alstom à hauteur de 20%. L’Etat dispose en outre d’options d’achat lui permettant d’acquérir, s’il le souhaite, les titres actuellement prêtés par Bouygues. Toutefois, le secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue, écarte pour le moment tout renforcement de la participation de l’Etat. Selon le dernier document de référence d’Alstom, au 31 mars 2016, l’Agence des Participations de l’État et Bouygues détiennent respectivement 20% et 8% du capital et des droits de vote.
Une surprise d’autant plus grande que mercredi dernier Alstom avait annoncé un partenariat avec la SNCF pour la conception d’une nouvelle génération de TGV. Un projet qui doit générer 4.000 emplois. Et le site de Belfort devait concevoir les motrices. Rien n’est changé, explique une porte-parole du groupe, l’ingénierie débutera sur le site de Belfort avant son transfert à Reichshoffen.
En pleine pré-campagne présidentielle, les politiques se sont emparés du sujet, alors qu’Alstom est resté étonnamment discret. Le groupe a simplement précisé que sur les 480 salariés de Belfort concernés, 400 se verront proposer un reclassement. «On se donne deux ans pour étudier chaque cas», a précisé une porte-parole d’Alstom, rappelant que ce projet «fait suite à un contexte que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de commandes…)».
«Nous allons travailler avec les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction d’Alstom et avec l’ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent contribuer à assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d’Alstom à Belfort», a déclaré hier matin, le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin, à l’issue d’une réunion interministérielle. Des discussions qui doivent avoir lieu dès cette semaine. Jeudi dernier, convoqué à Bercy, Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom, s’était vu imposer par Michel Sapin «une phase de négociations» avec les syndicats.
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