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Alexandre de Juniac: «Adossé à Volkswagen, Europcar gardera son esprit start-up»
Alexandre de Juniac: «Adossé à Volkswagen, Europcar gardera son esprit start-up»
Le président du conseil d’administration d’Europcar expose sa stratégie après l’approbation par la Commission européenne de l’OPA sur la société lancée par un consortium mené par Volkswagen.
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Julien Marion, Agefi-Dow Jones
Alexandre de Juniac, président du conseil d'administration d’Europcar.
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Europcar
Europcar Mobility Group est en passe d’ouvrir une nouvelle page de son histoire. La Commission européenne a approuvé, mercredi, le rachat du loueur automobile par Green Mobility Holding, un consortium d’investisseurs composé du constructeur automobile Volkswagen, du gestionnaire d’actifs Attestor Limited et du fournisseur néerlandais de produits et de services de mobilité Pon Holdings BV. Dans la foulée, l’Autorité des marchés financiers a fixé la clôture de l’offre publique d’achat, qui propose un prix de 50 centimes par action, au 10 juin.
Dans un entretien accordé à l’agence Agefi-Dow Jones, le président du conseil d’administration, Alexandre de Juniac, expose les vertus de cette opération tant pour Europcar Mobility Group que pour Volkswagen. Il explique également que le loueur bénéficiera d’une certaine autonomie, une fois la transaction finalisée.
Agefi-Dow Jones : Bruxelles ayant approuvé le rachat d’Europcar, reste-t-il d’autres obstacles à l’opération ?
Alexandre de Juniac : Nous n’en voyons pas. La voie est désormais dégagée à la suite de ce feu vert donné par la Commission européenne. Nous avons su répondre de manière convaincante à ses interrogations afin qu’elle valide cette opération.
La société disposera-t-elle d’une quelconque autonomie une fois l’opération bouclée ?
Dans tous les cas, le consortium détiendra un degré de contrôle très important. Toutefois, son but n’est pas d’intégrer Europcar Mobility Group dans la structure ou la mécanique de Volkswagen mais de lui laisser suffisamment d’autonomie pour développer ses projets. L’entreprise conservera ainsi son agilité et son esprit start-up.
La direction actuelle sera-t-elle maintenue ?
Cette question appartient au consortium, c’est à lui et à lui seulement de choisir la direction de la société.
Quels sont les avantages de l’opération pour Europcar et Volkswagen ?
Avec Green Mobility Holding, Europcar Mobility Group bénéficiera d’une structure actionnariale stable. Au sein du consortium, l’un des actionnaires [Volkswagen, NDLR] est par ailleurs un des plus importants fournisseurs de véhicules de la société. Le groupe sera ainsi adossé à un constructeur automobile qui compte devenir un acteur important des nouvelles mobilités, c’est-à-dire des nouveaux usages décorrélés de la propriété, et qui possède une importante puissance financière. Ce qui offrira des garanties financières et industrielles à l’entreprise. De son côté, Volkswagen disposera avec Europcar Mobility Group d’un bras armé très agile pour se développer dans les nouvelles mobilités.
Comment l’activité d’Europcar se porte-t-elle dans le climat économique actuel ?
La demande est fortement repartie : les particuliers recommencent à voyager et les entreprises se remettent à louer des automobiles pour leurs collaborateurs. Les prix de location sont par ailleurs très élevés en raison des tensions sur la disponibilité des véhicules. Ces difficultés sur l’offre d’automobiles sont dues aux perturbations dans la chaîne de production, et notamment aux difficultés d’approvisionnement en composants électroniques et en équipements. Dans l’ensemble, nos perspectives sont donc encourageantes, même si nous restons relativement prudents au regard des incertitudes sur la conjoncture.
Dans quelle mesure l’inflation se répercute-t-elle sur Europcar et ses clients ?
Le premier impact se situe au niveau des prix des véhicules, qui augmentent fortement du fait du goulot d’étranglement de la production. Nous manquons cruellement de véhicules. Cela se répercute ensuite sur nos tarifs de location, ce qui est positif pour nos revenus et nous permet de préserver nos marges. Mais le pouvoir d’achat des locataires de véhicules est pénalisé par ces augmentations de prix, auxquelles s’ajoutent celles des prix du carburant, alors qu’ils sont confrontés à l’inflation sur d’autres postes de dépenses.
Le consortium de repreneurs espère obtenir 90% du capital d’Europcar pour retirer la société de la cote. Comment l’opération se présente-t-elle ?
Le consortium est sûr d’obtenir 68% du capital au regard des engagements d’apport à l’offre pris par les principaux actionnaires. Au-delà, il n’est pas certain que ce seuil de 90% soit atteint d’ici à la clôture de l’offre, prévue le 10 juin. Toutefois, si le consortium ne parvenait pas à réunir 90% du capital, l’Autorité des marchés financiers déciderait de prolonger l’offre pour au moins dix jours. A l’issue de ce nouveau délai, ce seuil pourrait être atteint, car, comme le conseil d’administration l’a jugé, l’offre du consortium propose une prime attrayante aux actionnaires. De plus, dans le cas où le consortium réunirait plus de 90% du capital, le prix serait relevé de 1 centime par action.
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