Alcatel-Lucent se prépare à brûler du cash sur l’ensemble de l’année
Alcatel-Lucent a répondu aux attentes… d’avertissement sur résultats. L’équipementier télécoms a renoncé pour 2012 à présenter une marge opérationnelle supérieure au niveau de 3,9% dégagé l’an dernier. Le consensus des analystes s’y attendait, anticipant avant le profit warning d’hier une marge de l’ordre de 3%.
La révision est cependant sévère, car elle s’accompagne d’une perte opérationnelle ajustée de 40 millions d’euros au deuxième trimestre, et d’un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros, tous deux largement sous les prévisions. L’action a chuté de 19,75% hier, passant sous l’euro symbolique et portant à -25% son recul sur l’année.
L’équipementier télécoms chinois ZTE avait montré la voie le 13 juillet en révisant à la baisse ses prévisions annuelles. Pour Alcatel-Lucent, qui détaillera ses résultats le 26 juillet, les prochains trimestres s’annoncent difficiles, même si le groupe s’attend à un deuxième semestre meilleur que le premier sur la base du carnet de commandes. Les nouvelles estimations de marge opérationnelle des analystes tournaient hier autour de 1,5%-2%. Voire 0% pour Oddo, «en raison d’un mix qui va rester sous pression, avec notamment la contribution du déploiement du réseau de Sprint», mal margé. La crise en zone euro et les décalages dans les prises de commandes en Chine pèsent sur l’activité.
«Cette annonce renforce nos doutes sur la capacité d’Alcatel-Lucent de générer un free cash flow (FCF, flux de trésorerie disponible) positif en 2012 et sur ses activités de base, ce qui implique un risque pour la notation», souligne l’analyste crédit de Natixis. Le groupe, qui vise au moins l’équilibre en free cash-flow cette année, a déjà brûlé 163 millions d’euros au premier trimestre. Exane prévoit une consommation de cash de 644 millions sur l’exercice. Oddo a relevé la sienne de 355 à 835 millions et anticipe encore un free cash-flow négatif en 2013.
Alcatel-Lucent voit une facilité de crédit de 840 millions d’euros arriver à échéance l’an prochain. Il fera ensuite face à une tombée obligataire de 462 millions en avril 2014 et surtout, à l’échéance d’une Océane (obligation convertible ou échangeable) d’un milliard d’euros le 1er janvier 2015.
Le groupe, qui a encaissé au premier trimestre le produit de cession de Genesys, en dira davantage la semaine prochaine sur sa situation de trésorerie.
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