Alcatel-Lucent prend à revers les craintes sur sa liquidité

Le groupe finit 2011 avec une dette nette proche de zéro. Son accord dans les brevets pourrait lui rapporter plusieurs centaines de millions en 2012
Olivier Pinaud

«Le scénario d’un défaut d’Alcatel-Lucent est devenu virtuellement impossible.» Comme l’affirment les analystes de Cheuvreux, l’équipementier en télécoms a tordu le cou vendredi aux craintes qui entouraient depuis quelques semaines sa situation de liquidité, provoquant une ruée sur son action. Le cours a gagné jusqu’à 22% en début de séance, avant de finir en hausse de 12%, à 1,68 euro, dans des volumes nourris (6,3% du capital), certains investisseurs rachetant les positions à découvert ouvertes ces dernières semaines.

Première surprise, Alcatel-Lucent a dégagé au quatrième trimestre 2011 un cash-flow libre de 541 millions d’euros. C’est deux à trois fois plus que les attentes et très au-dessus du niveau habituellement généré sur cette période, 232 millions d’euros en moyenne entre 2007 et 2010 selon Natixis. Seconde bonne nouvelle, le groupe a confié la gestion de son portefeuille de brevets à RPX. Cette «syndication de licence» pourrait permettre à l’équipementier de recevoir plusieurs centaines de millions d’euros de revenus, selon Paul Tufano, le directeur financier d’Alcatel-Lucent, contre les 140 millions d’euros de royalties perçues en 2011. Oddo estime le potentiel à 1 milliard d’euros pour 2012.

Résultat, alors qu’Alcatel-Lucent a terminé l’année 2011 avec une dette nette proche de zéro (31 millions d’euros), sa position de trésorerie devrait être «élevée» fin 2012 s’engage la direction. En incluant la cession de Genesys pour 1,5 milliard de dollars, bouclée le 1er février, l’équipementier pourrait reposer fin 2012 sur un matelas de 2,5 milliards d’euros. De quoi lui permettre d’aborder plus confortablement les refinancements prévus en 2013 (680 millions d’euros) et 2014 (583 millions).

Bénéficiaire en 2011 (868 millions d’euros), une première depuis la création du groupe en 2006, Alcatel-Lucent n’est pas pour autant redevenu une entreprise totalement «normale», comme le reconnaît son directeur général Ben Verwaayen. L’amélioration du besoin en fonds de roulement fin 2011, à l’origine de la forte génération de cash-flow, ne pourra pas être reconduite en 2012, ce qui contraint le groupe à mettre de côté son objectif initial de cash-flow libre positif cette année. Ensuite, le marché des télécoms s’annonce atone. Alcatel-Lucent va donc devoir continuer à se serrer la ceinture pour améliorer sa marge opérationnelle en 2012, au-dessus des 3,9% de 2011.

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