Airbus, un enjeu de gouvernance particulier en France
Si la « relève de la garde » qui pourrait être actée aujourd’hui chez Airbus est d’abord un enjeu industriel pour l’Europe, ses conséquences seront aussi considérables en matière de gouvernance.
C’est vrai pour les Etats actionnaires, car Airbus reste une affaire d’Etats, et pour le conseil d’administration, ne serait-ce qu’en raison du positionnement de son président depuis 2013, Denis Ranque.
Celui-ci préside par ailleurs le Haut Comité de gouvernement d’entreprise, qui veille à l’application des règles du code Afep-Medef par les sociétés cotées.
Une bonne gestion du dossier par le conseil aura donc valeur d’exemple, d’autant qu’y figurent d’autres personnalités aussi respectées que Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE.
Pour l’instant, l’entreprise a joué le jeu de la vérité, en révélant elle-même les « irrégularités » qui lui valent les d’enquêtes en cours et les turbulences qu’elle traverse.
Mais une « décapitation » changerait la donne. Il lui faudra d’abord gérer les intérêts des Etats qui, pour n’être plus représentés au conseil, n’en possèdent pas moins 26% du capital.
Obtenir un feu vert, au plus haut niveau, à Paris et Berlin, sur un tandem bi-national apte à succéder au duo actuel Enders-Brégier est un premier impératif.
Le second, tout aussi incontournable, sera que cette nouvelle équipe soit adoubée en interne. C’est un groupe en pleine crise qu’il trouvera, du fait des « affaires » mais aussi des départs, certains prévus et d’autres non, qui l’ont récemment fragilisé.
Du marketing et de la stratégie au commercial en passant par la technologie groupe, ces changements ont touché des postes-clés et déstabilisé un management qu’il est capital aujourd’hui de consolider.
Plus d'articles du même thème
-
Aurélie Dettwyler (SLIB) : «La participation des actionnaires individuels en AG diminue»
Aurélie Dettwyler, directrice de la stratégie de SLIB, l'éditeur de solutions de vote électronique, tire le bilan des assemblées générales 2023 à l'occasion du Forum Gouvernance organisé par L'Agefi le 28 septembre à Paris. -
Philippe Sumeire (Seb) : «Nous ne sommes pas très favorables au ‘say-on-climate’»
Le directeur juridique du Groupe Seb est intervenu lors du Forum Gouvernance organisé par L’Agefi le 28 septembre 2023 à Paris. -
Yseulys Costes : «L’administrateur référent a un rôle pivot en cas de conflit»
Yseulys Costes, PDG et fondatrice de Numberly (Groupe 1000mercis), administratrice indépendante du Groupe Seb et de Kering, est intervenue lors du Forum Gouvernance organisé par L’Agefi le 28 septembre 2023 à Paris. -
Ségolène Simonin (Schneider): «Les ratios d’équité des rémunérations deviendront plus comparables»
Ségolène Simonin du Boullay, secrétaire du conseil d'administration de Schneider Electric, est intervenue lors du Forum Gouvernance organisé par L'Agefi le 28 septembre 2023 à Paris.
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.