Air Liquide reste en quête de relais de croissance hors d’Europe
Benoît Potier, le PDG d’Air Liquide, veut croire que le spécialiste français du gaz industriel «poursuit son développement dans la durée». Le dirigeant en veut pour preuve la confirmation hier, à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, d’un objectif de «poursuivre en 2011 la croissance régulière de son résultat net», à savoir d’une hausse du bénéfice cette année. Cela «dans un environnement normal», c’est-à-dire hors coup de grisou imprévisible concernant une situation économique mondiale déjà «perturbée», notamment en Europe du fait des tensions sur la dette souveraine.
Le Vieux Continent, justement, a pesé sur la croissance au cours du trimestre écoulé. Sur le pôle gaz et services (90% du chiffre d’affaires du groupe), les ventes en Europe (représentant la moitié des ventes du segment) ont progressé de 4,2% (+4,3% à données comparables), contre une hausse de 5,9% au niveau mondial (+7,7%).
Mais comme l’a souligné Benoît Potier, le groupe continue de «renforcer son implantation mondiale». Le chiffre d’affaires du pôle en Amérique et en Asie Pacifique a ainsi progressé en organique sur le trimestre écoulé de respectivement 10,6 et 12,5%. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, la croissance organique en Europe s’élève dès lors à 6,2% contre 9,5% dans le monde. Ces chiffres trahissent un «début de ralentissement», comme le soulignent les analystes de CM-CIC Securities. Pour l’ensemble du groupe, le chiffre d’affaires a en effet progressé de 6,6% à données comparables, à 3,6 milliards d’euros, ramenant la hausse correspondante sur neuf mois à 7,7%.
Pour autant, Air Liquide tient à souligner que la croissance organique de 9,5% sur neuf mois des gaz et services reste «en ligne» avec l’objectif du plan stratégique à horizon 2015 qui vise un taux annuel moyen à cette échéance de 8 à 10%. Air Liquide concède tout de même que si le rythme de croissance est «solide» dans les pays développés (+6% sur neuf mois), il s’avère «très dynamique» dans les pays émergents (+24%).
Si CM-CIC reconnaît que la «croissance embarquée depuis le début de l’année va certainement permettre» au groupe de respecter l’objectif moyen pour 2011, le courtier fait assaut de prudence en regrettant l’«absence d’indications sur la rentabilité» et face à une «situation économique qui devrait encore se dégrader».
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