Air France-KLM veut faire de Transavia un consolidateur du low-cost
Si l’annonce du plan Perform 2020 d’Air France-KLM a été bien accueillie par le marché – l’action a gagné hier 1,90% à 8,64 euros – le spectre d’une grève dure des pilotes plane toujours. Après Transform 2015, qui a remis la compagnie «sur le chemin de la profitabilité», le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, s’est fixé des objectifs, jugés ambitieux par le marché.
D’ici à 2017, le groupe vise une croissance annuelle moyenne de 8 à 10% de son Ebitdar (cash flow d’exploitation avant loyers), pour un ratio dette nette ajustée sur Ebitdar inférieur à 2,5 dès 2017. Le retour sur capitaux investis (Roce) devra s’établir entre 9 et 11% en 2017, contre 2,9% en 2013. Des objectifs permis notamment par le maintien de la réduction de coûts unitaires au rythme de 1 à 1,5% par an.
Grâce à Transform 2015 «nous sommes maintenant dans une situation comparable à celle de nos pairs européens, mais pas meilleure», a expliqué Alexandre de Juniac, rappelant que la compagnie doit faire face à la concurrence des compagnies à bas coûts et des compagnies du Golfe sur le haut de gamme. Aussi, Air France-KLM se fixe trois axes. D’une part, se développer sur les marchés en croissance à travers trois métiers : Transavia (compagnie low cost en Europe); le réseau long courrier, en améliorant la productivité et en multipliant les partenariats en Asie; et la maintenance, en se développant en Amérique du Nord et en Asie. La maintenance devra générer 50 à 80 millions d’euros d’Ebitdar additionnel en 2017. D’autre part, continuer la montée en gamme des produits et services. Enfin, respecter une discipline financière stricte.
Le projet Transavia est clé pour la compagnie. La phase de consolidation dans le low-cost «va arriver, explique Alexandre de Juniac. Air France-KLM doit pouvoir y participer avec Transavia». Elle compte devenir l’une des cinq premières compagnies à bas coûts en Europe à horizon 2017, avec une flotte de 100 avions contre 50 aujourd’hui, et 20 millions de passagers, contre 9 millions en 2013. Transavia apportera 100 millions d’euros d’Ebitdar supplémentaire en 2017. La rentabilité d’exploitation devrait être touchée en 2018, avant d’atteindre une marge opérationnelle de 5% à moyen terme.
Ce plan ‘bottom up’, adapté à chaque activité du groupe sera «soumis aux salariés», a martelé Alexandre de Juniac, expliquant qu’il était trop tôt pour donner des objectif plus précis et pour chiffrer les suppressions de postes.
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