Air France-KLM s’adapte à la nouvelle donne du ciel européen
Air France-KLM planche sur 2018. Alexandre de Juniac, le PDG de la compagnie aérienne franco-néerlandaise, présentera dans le courant de cet été les contours du futur plan de compétitivité du groupe destiné à prendre le relais de «Transform 2015», dont la mise en œuvre a permis un retour au bénéfice d’exploitation lors du dernier exercice, grâce notamment à une forte baisse des charges de personnel. En trois ans, à fin 2014, elles devraient avoir diminué de 380 millions d’euros, soit de près de 5%.
L’un des objectifs du futur plan visera à assurer, enfin, la rentabilité de la division court et moyen courriers qui a encore essuyé une perte d’exploitation de 620 millions d’euros en 2013. La perte devrait déjà être réduite de moitié en 2015 avec le plan en cours. Celui à 2018 devrait viser l’équilibre, prédisent les analystes de Raymond James.
A cet horizon, Air France-KLM devrait ainsi se retrouver dans une situation financière plus favorable, lui permettant de participer à la concentration attendue du ciel aérien européen. Car à la différence des Etats-Unis, le transport aérien en Europe reste encore fortement fragmenté. L’indicateur HHI, qui mesure la concentration d’un secteur, est deux fois plus élevé outre-Atlantique que sur le Vieux continent, note HSBC.
Les analystes de la banque rappellent que l’évolution de la réglementation européenne a souvent servi de catalyseur aux différentes phases de la concentration du secteur constatée depuis les années 90. Or, l’évolution de la législation européenne sur le contrôle du capital pourrait faciliter les prises de participation entre compagnies sans risque de remettre en question les droits de trafic aérien. Pour se conformer à ce règlement, l’assemblée générale d’Air France-KLM a ainsi voté le 20 mai la modification des statuts du groupe. Jusqu’à présent, ils considéraient les actionnaires de l’Union européenne comme des investisseurs étrangers. Le dispositif permettait, en cas de désaccord, de forcer l’actionnaire étranger à vendre ses actions. En plus de lever des risques de contestation, cette évolution statuaire pourrait faciliter les transactions avec des compagnies européennes.
Après avoir renoncé l’an dernier à recapitaliser sa filiale italienne Alitalia, Air France-KLM a montré qu’il n’était pas disposé à se lancer coûte que coûte dans un mouvement de concentration. Sa vision aura certainement évolué en 2018.
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