Air-France KLM cherche à retrouver la confiance des représentants de KLM
Deux semaines avant la publication des comptes d’Air France-KLM, les administrateurs de la holding ont voulu temporiser devant la fronde des représentants de la compagnie néerlandaise, qui a fusionné avec sa rivale française en 2004. Le groupe a démenti les informations de la presse qui, depuis plusieurs jours, prêtait au conseil d’administration, en majorité issu d’Air France, la volonté de consolider la gestion des trésoreries des deux compagnies.
Ce cash pooling permettrait au groupe de réduire son endettement global et d’emprunter dans de meilleures conditions.
Mais le transfert des excédents de trésorerie de KLM (un milliard d’euros) vers la holding fait craindre aux Néerlandais un siphonage des liquidités de leur compagnie au profit d’Air France, qui est en perte. Le gouvernement des Pays-Bas – resté actionnaire de KLM à hauteur de 5,9% – s’est ému du sujet.
En outre, De Telegraaf mentionnait hier la possibilité d’une «banqueroute technique du groupe», hypothèse qualifiée de «totalement fausse» par la direction. Des cadres cités par le quotidien évoquent aussi l’intention de modifier la structure de la holding pour transformer KLM en simple filiale d’exploitation à Schipol, le principal aéroport des Pays-Bas.
Selon Air France-KLM, le sujet de la gestion de trésorerie a été abordé en deux occasions. Dans un premier communiqué daté du 27 janvier, le groupe affirme que les «décisions techniques» validées la veille par le conseil de surveillance de KLM «ne comprennent pas de transfert d’excédent de trésorerie». Dans le second communiqué, du 2 février, le conseil d’administration d’Air France-KLM précise avoir «été informé des questions posées par certaines parties prenantes néerlandaises et des solutions qui ont été finalement adoptées», sans en préciser la nature. Le groupe n’a pu répondre aux sollicitations de L’Agefi.
La tentation de remonter du cash peu rémunéré est logique. «La situation est plus tendue chez Air France que chez KLM sur les sujets comptables et de bilan. Hormis les effets de la grève, le moyen courrier a souffert en 2014: or ce segment est nettement plus représenté chez Air France que chez KLM. Le groupe aurait eu l’occasion de renforcer ses fonds propres lorsque l’action était à 11 euros; mais une augmentation de capital ou une émission de convertibles est exclue aujourd’hui», estime un analyste, alors que le titre a terminé hier à 7,55 euros (-0,7%) hier, après une année 2014 marquée par trois avertissements sur résultats.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.