Air France constitue le premier test social pour le gouvernement
Cela s’annonce comme l’un des premiers dossiers sociaux à hauts risques du gouvernement de François Hollande. Air France présentera jeudi lors d’un comité central d’entreprise les grandes lignes de son plan industriel et stratégique censé restaurer la rentabilité de la compagnie aérienne d’ici à 2015.
La direction du groupe a démenti hier les chiffres évoqués de 3.000 à 5.000 suppressions de postes. Mais elle a reconnu implicitement que le plan pourrait comporter un volet social. «Ce n’est que fin juin 2012, à l’issue des négociations avec les organisations représentatives, que nous serons en mesure de nous prononcer sur le volume d'éventuels sureffectifs», a-t-elle indiqué.
Pour le nouveau gouvernement, le dossier est d’autant plus complexe que l’Etat français est le premier actionnaire d’Air France-KLM avec 15,8% du capital. Il bénéficie de 3 représentants au conseil de la compagnie sur les 15 administrateurs qui ont soutenu début janvier le lancement du plan «Transform 2015». Celui-ci doit permettre d’économiser 2 milliards au total d’euros d’ici à 2014, notamment en améliorant la productivité du personnel du réseau moyen courrier d’Air France dont les pertes d’exploitation ont atteint 700 millions d’euros en 2011. La direction a pour objectif de réduire de 10% le coût unitaire par équivalent siège kilomètre offert (esko) d’ici à 2014.
L’essentiel des économies devrait porter sur Air France, la compagnie néerlandaise KLM étant encore rentable. L’objectif de cette réduction des coûts vise à restaurer le cash-flow du groupe et éviter une recapitalisation.
Ces sureffectifs pourraient concerner le personnel navigant, pilotes et hôtesses/stewards, alors que le plan de départs volontaires de 2009 concernait uniquement le personnel au sol. 1.800 personnes avaient quitté Air France, sur un total de 72.000 salariés (104.000 pour Air France-KLM). Fin 2011, Air France employait 70.000 salariés, dont environ 15.000 personnels navigants.
Début mai, Lufthansa a annoncé la suppression de 3.500 postes administratifs. Touchée comme Air France-KLM par la concurrence et la hausse des prix du pétrole, la compagnie allemande s’est engagée à économiser 1,5 milliard d’euros d’ici la fin 2014, dont un tiers en limitant les charges de personnel. La compagnie emploie 117.000 personnes à travers le monde.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram