Air France ajoute une crise de gouvernance à ses difficultés financières

Pierre-Henri Gourgeon est remercié à la direction générale. Jean-Cyril Spinetta reprend toutes les commandes de la compagnie
Olivier Pinaud

Jean-Cyril Spinetta reprend les commandes d’Air France-KLM. Deux ans et demi après avoir promu Pierre-Henri Gourgeon à la direction générale de la compagnie, le président a obtenu son départ hier au cours d’un conseil d’administration extraodinaire. Les relations entre les deux hommes s'étaient tendues ces derniers mois. La crise a précipité la décision.

«L’objectif est de permettre l’amélioration de la performance opérationnelle et financière du groupe dans un contexte marqué par les incertitudes économiques, leurs conséquences sur le transport aérien européen et la situation d’Air France», a expliqué le groupe, car «pour faire face à la situation, le principe de l’unité de commandement s’impose».

Comme attendu, Pierre-Henri Gourgeon sera remplacé à la direction générale d’Air France par Alexandre de Juniac, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde. Sa mission est claire: «soumettre aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM les mesures visant à l’amélioration de la performance du groupe». En Bourse, la compagnie ne vaut plus que 1,68 milliard d’euros, alors que la valeur de sa flotte au bilan est de 11,04 milliards. Surtout, la dette (6,04 milliards d’euros au 30 juin 2011) représente près de 30 fois le cash-flow disponible généré lors du dernier exercice (205 millions). Or, ce montant devrait baisser cette année, voire passer dans le rouge.

Lors de la crise de 2008-2009, la compagnie avait brûlé 243 millions d’euros de cash-flow en un an. Air France devra faire face en avril 2012 à une échéance potentielle de 450 millions d’euros. Les porteurs des obligations convertibles et/ou échangeables en actions nouvelles ou existantes émises en avril 2005 pourront en effet demander le remboursement de leurs titres à une valeur nominale de 20,5 euros.

En septembre, Pierre-Henri Gourgeon, avait annoncé la mise en place d’économies supplémentaires, 700 à 800 millions d’euros, rendues nécessaires par le contexte actuel. Le changement de direction pourrait s’accompagner d’un durcissement de ce plan. Les syndicats ont fait part de leurs inquiétudes hier alors que les charges de personnels d’Air France-KLM, principal poste devant le carburant, représentent 31% de son chiffre d’affaires, 5 à 6 points de plus que ses concurrents Lufthansa ou British Airways.

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