Ahold sort comme promis de Suède pour mieux maîtriser son développement
Ahold délaisse la Suède. Le distributeur néerlandais a annoncé hier la vente à son partenaire local Hakon Invest de la participation de 60% qu’il détient au capital du distributeur ICA. Montant de l’opération : 21,2 milliards de couronnes en numéraire (l’équivalent de 2,5 milliards d’euros), dont 1,2 milliard de dividende 2012. ICA, également présent en Norvège et dans les Pays baltes, a engrangé un chiffre d’affaires total de 97 milliards en 2012.
L’annonce n’a pas créé la surprise, Ahold ayant indiqué en septembre dernier avoir engagé une revue stratégique de cette participation. Le groupe n’avait pas exclu alors l’hypothèse d’une introduction en Bourse à Stockholm. L’option choisie et le prix à recevoir semble avoir rassuré les observateurs (en témoigne le gain de 3,77% hier à Amsterdam à 11 euros), un porte-parole d’Ahold concédant qu’une IPO aurait «sans doute pris davantage de temps».
La décision d’Ahold est conforme à la stratégie dévoilée en 2011 privilégiant les activités que le groupe néerlandais contrôle en exclusivité. Ce n’est pas le cas en Suède, où en dépit d’une part de 60% du capital, Ahold ne détient que 50% des droits de vote. Le groupe dispose par ailleurs d’une participation de 49% au capital du distributeur portugais JMR, actif sous l’enseigne Pingo Doce. Cet actif, ouvertement mis en vente entre 2007 et 2010, reste assurément non-stratégique selon un porte-parole d’Ahold à L’Agefi. Hors ces deux coentreprises non-consolidées dans les comptes du groupe, les Etats-Unis ont représenté 61% du chiffre d’affaires d’Ahold en 2012 (32,8 milliards d’euros, en hausse de 8,5%) et les Pays-Bas 34%, le groupe ayant récemment mis l’accent sur la Belgique ou le commerce en ligne dans le cadre d’un plan de réduction de 600 millions d’euros annuels des coûts.
Ahold n’a pour l’heure rien dévoilé du sort du pactole provenant de la sortie du capital du scandinave ICA. Le porte-parole assure que le groupe détaillera ses intentions lorsque la transaction sera finalisée, ce que les parties attendent d’ici la fin du semestre en cours.
John Kershaw chez Exane BNP Paribas s’attend à ce que le distributeur reverse à ses actionnaires la majeure partie voire la totalité de la somme, Ahold respectant d’ores et déjà son ratio-cible d’endettement. Un trader parisien misait de son côté, faute de projet d’acquisition, sur un rachat d’actions pour un milliard de dollars.
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