Aer Lingus réitère son opposition à une prise de contrôle par Ryanair
Aer Lingus reste ferme face à Ryanair. Après avoir déjà écrit à ses actionnaires fin juillet en leur proposant de rejeter l’offre de rachat de 694 millions d’euros lancée le mois précédent par Ryanair, la compagnie irlandaise réaffirme son opposition à ce projet, en jugeant que sa concurrente low-cost n’a apporté depuis lors «aucune nouvelle information».
Le transporteur à bas coût irlandais, qui possède déjà 29,8% du capital d’Aer Lingus, cherche à en obtenir au moins 50% afin d’en devenir le principal actionnaire, l’Etat irlandais contrôlant encore un quart de la compagnie nationale.
Le conseil d’administration d’Aer Lingus considère que l’offre de 1,30 euro par titre, qui expire le 13 septembre, «fait ressortir une décote significative sur la valeur intrinsèque des activités du groupe». Il explique que cette décote «est de 12% par rapport à la valeur de l’actif net par action de 1,48 euro, telle qu’elle ressort des éléments de bilan au 30 juin dernier» et «de 34% par rapport au cash-flow brut par action de 1,96 euro». Ajoutant que cette offre «sera vraisemblablement une fois de plus interdite par la Commission européenne», il recommande à l’unanimité que ses actionnaires «ne signent aucun document envoyé par Ryanair ou ses conseils».
Bruxelles doit rendre sa décision sur ce dossier d’ici au 29 août, tandis que le régulateur britannique a récemment obtenu le droit de poursuivre son enquête sur les 29,8% d’Aer Lingus déjà détenus par Ryanair. La presse d’outre-Manche a rapporté la semaine dernière que la compagnie à bas coût, soucieuse d’obtenir l’aval des autorités européennes, avait entamé des discussions avec plusieurs transporteurs aériens, dont Virgin Atlantic, en vue de céder certains créneaux d’atterrissage d’Aer Lingus sur l’aéroport londonien d’Heathrow.
Cette ouverture pourrait également s’expliquer par l’intérêt de Ryanair pour l’aéroport de Stansted. Celui-ci sera prochainement mis en vente par le gestionnaire aéroportuaire BAA, filiale du conglomérat espagnol Ferrovial. Jugeant que cette plate-forme, située au nord-ouest de Londres, a «un énorme potentiel de croissance», la compagnie irlandaise serait prête à prendre, seule ou à travers un partenariat, jusqu’à un quart du capital de Stansted dont la valorisation est estimée à 1,3 milliard d’euros.
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