ACS a investi 2,6 milliards d’euros en 2010 pour monter à 20,2 % du capital d’Iberdrola
Le groupe de BTP espagnol ACS débute la nouvelle année comme il a terminé 2010 : en annonçant l’augmentation de sa participation au capital d’une compagnie qui lui est hostile. La société de construction présidée par Florentino Pérez a confirmé hier à l’autorité espagnole des marchés qu’il a porté sa participation à 20,2% du capital de la compagnie électrique espagnole Iberdrola. ACS détient désormais 3,8% en participation directe et 16,3% de forme indirecte, dont 5,1% obtenus à travers un contrat de dérivés (equity swap) conclu avec Natixis.
En 2010, ACS aura investi environ 2,6 milliards d’euros au capital de la compagnie électrique, dont 1,3 milliard au cours du seul mois de décembre, selon les calculs du secteur. Sa part équivaut aujourd’hui à environ 6,4 milliards d’euros. Une fois la limite des 20 % dépassée, ACS peut théoriquement mettre en équivalence les bénéfices d’Iberdrola. Selon El País, le constructeur n’en aurait cependant pas encore l’intention.
Florentino Pérez espère surtout arracher un siège au conseil d’administration d’Iberdrola. Deux procès opposant les groupes sur cette question s’ouvriront les 18 janvier et 5 avril prochain. Une nouvelle loi, qui entrera en vigueur en juillet prochain, devrait ouvrir la voie à ACS en déplafonnant le droit de vote dans les sociétés cotées.
Malgré un endettement net de plus de 9 milliards d’euros, ACS s’est en outre lancé en 2010 à l’assaut de l’allemand Hochtief afin de créer un «groupe leader mondial en infrastructure». L’Espagnol a lancé une offre d'échange de titres sans prime – de neuf actions contre cinq titres Hochtief – s'élevant à 4,9 milliards d’euros et visant à dépasser la limite des 30% du capital. Ce qui l’autorise ensuite, selon la législation allemande, à racheter des actions sur le marché sans les déclarer. L’offre a été bouclée avant sa date butoir du 29 décembre. ACS doit annoncer aujourd’hui la hauteur exacte de la participation obtenue.
Le constructeur cherche ainsi à diversifier ses opérations alors que son marché domestique stagne. ACS est parvenu à vendre, en 2010, sa filiale Dragados SPL ainsi que sa participation dans le concessionnaire Abertis, deux opérations qui lui ont rapporté environ 2,5 milliards d’euros. Ses activités dans les énergies renouvelables sont également en vente et pourraient lui rapporter 5 milliards d’euros.
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