Accor accélère son exposition à l’Amérique latine
Accor prépare l’avenir. Dans le cadre de sa stratégie de croissance sur les marchés émergents après la récente finalisation du rachat de Mirvac en Australie et Nouvelle-Zélande pour 195 millions d’euros, le groupe français vient d’annoncer l’acquisition du parc hôtelier sud-américain du mexicain Grupo Posadas pour 275 millions de dollars (226 millions d’euros). Cette opération conforte «le leadership d’Accor en Amérique latine (gros atout face aux leaders anglo-saxons qui y sont peu représentés) et sort Accor de sa focalisation européenne (qui concentre les trois quarts de son résultat d’exploitation)», se félicite Oddo.
La transaction comprend 15 hôtels (4 en propriété, 4 en location variable, et 7 en contrat de management), représentant 2.600 chambres, principalement au Brésil; et un pipeline sécurisé de 14 hôtels (2.000 chambres). Accor «devrait céder en sale management back les hôtels en propriété, anticipe Oddo. Le fait que les hôtels loués le sont en loyer variable reste une sécurité importante à nos yeux».
Au terme de cette opération, le parc d’Accor au Brésil atteindra 164 hôtels (26.200 chambres). Grâce à ce renforcement, en particulier sur le haut et milieu de gamme, le groupe se positionne notamment pour la Coupe du monde de football en 2014 et pour les Jeux olympiques en 2016. Sur l’Amérique du Sud, Accor comptera plus de 200 hôtels (34.000 chambres), contre 194 (30.182 chambres) fin 2011, représentant 5,7% de l’ensemble des chambres du groupe.
L’accord ne changera pas significativement la structure financière. CA Cheuvreux, qui attendait qu’Accor clôture l’année en trésorerie positive à 365 millions d’euros, estime que ce niveau serait réduit à 140 millions. Pour l’analyse crédit de Natixis, le groupe devrait afficher une dette nette «très légèrement positive» en fin d’exercice.
En outre, cette acquisition «devrait réduire le ratio cash-flow libre sur dette nette ajustée d’environ 50 à 70 points de base», ajoute CA Cheuvreux. Le ratio marge brute d’autofinancement sur dette nette retraitée d’Accor ressortait à 25,7% fin 2011. «Dans l’hypothèse d’une transaction réalisée sur un multiple valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation de 12, cela représenterait une hausse de 4% du résultat d’exploitation et du résultat net d’Accor», poursuit CA Cheuvreux. Le groupe hôtelier pourrait donner des détails ce soir, lors de la publication de son chiffre d’affaires semestriel.
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