Abertis se positionne en leader mondial des concessions d’autoroute
Abertis est à la manœuvre. Le propriétaire des autoroutes françaises Sanef a réussi à la fois à prendre pied en Amérique Latine et ainsi réduire son exposition à son marché domestique en phase de ralentissement, tout en trouvant une porte de sortie à son actionnaire ACS, lourdement endetté. Le leader espagnol du BTP a annoncé hier soir avoir vendu sa participation de 10,035% dans Abertis pour un montant de 875,3 millions d’euros, alors que ce dernier a lui-même racheté 5,3% de son capital et que le groupe de BTP espagnol OHL s’est emparé des 4,7% restant.
Cette opération permettra à ACS de dégager une plus-value avant impôts de 191,5 millions d’euros, alors que sa part de 10,035% dans Abertis était estimée à 900 millions d’euros au cours de clôture du marché, mercredi. Une aubaine pour le groupe qui accumule une dette de 9,33 milliards d’euros et a déjà annoncé la semaine dernière avoir vendu 3,692% du capital du géant énergétique Iberdrola, dont il est le premier actionnaire, pour 798,3 millions d’euros, malgré une forte décote du titre et un impact négatif dans les comptes de 540 millions d’euros.
Avant l’annonce officielle de la vente par ACS, Abertis précisait mercredi que son rachat d’une part s’inscrirait dans le cadre de sa réorganisation, après avoir annoncé la veille un accord avec le constructeur espagnol OHL, pour lui reprendre les concessions d’autoroutes qu’il gère au Brésil et au Chili. Abertis a élevé son portefeuille d’actions détenues en propre jusqu'à 10% de son capital après la vente d’ACS. Une part qu’il compte ensuite céder à OHL dans un délai maximum de trois mois, en contrepartie des concessions que lui a octroyé ce dernier.
Cette opération, qui être approuvée ou rejetée par chacun des deux conseils d’administration d’ici le 29 mai, ferait d’Abertis le leader mondial des concessions d’autoroutes, devant Vinci, avec la gestion de 7.500 kilomètres. «Cela ne nous mettra pas seulement en position de leader des autoroutes dans le monde, mais aussi au Brésil, où il n’y a pas de doute sur les besoins en infrastructures» indique Francisco Reynés, directeur général d’Abertis au Financial Times.
Au total, OHL détiendra 14,7% du capital d’Abertis, ce qui en fera l’un des actionnaires de référence, derrière CaixaBank, premier actionnaire avec 28,4% et le fonds CVC 15,4%. OHL se positionne en investisseurs de long terme dans Abertis «pour servir au mieux les intérêts de la compagnie».
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