Abertis dit pouvoir investir d’ici à 2015 plus de 4 milliards d’euros dans de nouveaux projets
Leader mondial de la gestion d’autoroutes à péage, l’espagnol Abertis présentait hier aux investisseurs français le bilan de quatre années de recentrage ainsi que ses perspectives de développement à l’étranger, notamment à travers sa filiale française Sanef qu’il contrôle à 52,5%. Depuis 2010, le groupe a cédé des actifs (parkings, logistique, aéroports…) pour une valeur de 4 milliards d’euros, en menant en parallèle une politique de croissance externe pour un montant équivalent.
Il est devenu cette année le numéro un des infrastructures télécoms en Espagne (tours de radiodiffusion et mâts de téléphonie mobile) et l’actionnaire majoritaire de l’opérateur de satellites Hispasat dont il détient 57% du capital.
Ce recentrage sur les infrastructures autoroutières et télécoms s’est accompagné d’une large internationalisation puisque le groupe, présent dans 14 pays, génère désormais 60% de son excédent brut d’exploitation hors d’Espagne. «La sécurité juridique constitue un critère de choix essentiel dans notre stratégie de développement à l’international», souligne Francisco Reynes, administrateur délégué d’Abertis, en ajoutant que la stabilité de l’environnement fiscal joue également un rôle important.
Sur le continent américain, le groupe étudie de nouveaux projets qui lui permettraient de prendre pied en priorité «aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique». Affichant une trésorerie disponible de 2,1 milliards d’euros, Abertis estime pouvoir investir, hors effet de levier, plus de 4 milliards d’euros dans de nouveaux projets d’infrastructures d’ici à 2015 en faisant appel à des partenaires financiers.
L’année 2014 sera marquée sur ses marchés actuels par la renégociation de contrats autoroutiers au Brésil et la prolongation de concessions au Chili.
En France, Sanef négocie avec l’Etat un plan de relance susceptible d’aboutir à «une prolongation de ses concessions comprise entre 2 et 6 ans en échange d’un programme d’investissements d’environ 700 millions d’euros», une partie des travaux étant réservée aux PME. Choisi comme centre de compétences d’Abertis dans les solutions de péages, le troisième opérateur autoroutier français va d’autre part gérer à partir d’octobre prochain le péage en flux libre du Darford Crossing qui représente l’un des principaux accès à Londres, avec environ 140.000 véhicules par jour.
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