Abengoa reconnaît son implication dans l’enquête de l’Europe sur les indices pétroliers
Les documents légaux transmis aux autorités boursières réservent souvent quelques révélations. En envoyant à la Securities and Exchange Commission (SEC) son dossier d’émission d’actions sur le Nasdaq, le producteur espagnol de biocarburants Abengoa a reconnu être concerné par l’enquête lancée le 29 avril dernier par la Commission européenne sur une possible entente ayant pu conduire à une manipulation de certains cours des dérivés du pétrole. Selon le groupe espagnol, l’enquête est toujours à un stade préliminaire. Statoil, BP, Shell, Argos Energies et le fournisseur de données Platts ont déjà reconnu leur implication dans ce dossier. Total a indiqué ne pas faire partie de la liste des suspects.
Les autorités de la concurrence européennes soupçonnent les groupes concernés de s’être entendus pour jouer depuis 2002 sur la fixation des indices et autres prix sectoriels constitués par Platts, filiale de McGraw Hill. La Commission avait expliqué en mai que même de petites distorsions du marché pouvaient avoir «un impact énorme sur les prix du pétrole brut, les produits pétroliers raffinés et les transactions de biocarburants, portant préjudice potentiellement aux consommateurs».
La plainte intervient alors que plusieurs régulateurs internationaux examinent le fonctionnement de certains indices de matières premières. Elle a été déposée auprès de Bruxelles par le groupe hongrois Pannonia Ethanol, un concurrent d’Abengoa qui s'était vu refuser l’entrée au panel établi par Platts. Les groupes concernés par l’enquête risquent des amendes pouvant représenter au maximum 10% du chiffre d’affaires réalisé l’année précédant la sanction. Abengoa a réalisé 7,8 milliards d’euros de revenus en 2012.
En attendant d’être définitivement fixé sur ce dossier, le groupe espagnol poursuit son opération de refinancement de sa dette. Après avoir abondé de 250 millions d’euros sa ligne d’obligations «high yield» fin septembre, Abengoa est en train de placer jusqu’à 400 millions d’euros de nouvelles actions de catégorie B dont les droits de vote sont limités par rapport aux titres de catégorie A. Le produit de l’augmentation de capital permettra de refinancer 323 millions d’euros de dette qui arrivent à échéance fin 2013 et en 2014.
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