ABB assouvit en partie sa soif de croissance externe outre-Atlantique
ABB reprend l’initiative. Après avoir acquis cette année le spécialiste du logiciel Ventyx et perdu la bataille pour le rachat du britannique Chloride faute de réponse face à la surenchère d’Emerson, le groupe helvético-suédois a fait part hier d’un projet de croissance externe d’envergure outre-Atlantique.
ABB a convaincu le conseil d’administration de Baldor Electric du bien-fondé d’une union, à raison de 63,5 dollars par titre de la cible, soit un montant total en valeur d’entreprise de 4,2 milliards (3,2 milliards d’euros) dont 1,1 milliard de dettes. L’offre amicale, qui correspond à une prime de 41% par rapport au cours de clôture de Baldor lundi soir, devrait être ouverte le mois prochain, la concrétisation du rapprochement au premier trimestre 2011 restant conditionnée à l’apport de deux tiers au moins des actions du groupe américain.
Cette acquisition «comble un manque» dans le portefeuille d’activités nord-américaines d’ABB, de l’aveu même du prédateur. Surtout, ce dernier mise sur une croissance de 10 à 15% du principal marché de Baldor l’an prochain, celui des moteurs à haut rendement énergétique. Un dynamisme qui devrait se confirmer dans l’optique des évolutions des réglementations pour davantage d’économies d’énergie à travers le monde. D’ores et déjà, ABB s’attend à réaliser au moins 200 millions de dollars de synergies annuelles grâce à l’intégration de Baldor, dont les deux tiers d’ici 2013 à parts égales entre économies de coûts et gains de revenus. L’opération serait ainsi relutive dès la première année, compte tenu des coûts d’intégration totaux de 50 millions.
L’acquisition de Baldor Electric ne saurait pourtant pas encore satisfaire tout à fait la soif de croissance d’ABB. Son directeur général, Joe Hogan, a tenu à préciser qu’il restait à l’affût d’opportunités. Il est vrai que le groupe spécialiste de l’électrotechnique disposait à fin septembre d’un trésor de guerre de 5,3 milliards de dollars.
Il n’en reste pas moins que le prix d’acquisition semble avoir mis à mal cette fois la discipline financière chère à Joe Hogan, et mise en avant pour l’abandon de Chloride. Si les analystes saluaient unanimement hier l’initiative d’ABB sous l’angle stratégique, ils se montraient plus réservés sur un prix consenti que Panagiotis Spiliopoulos, analyste chez Vontobel, a situé «à la limite haute de l’économiquement défendable».
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