AB InBev fait des concessions pour le rachat de Grupo Modelo
Anheuser-Busch InBev lâche du lest pour tenter de reprendre la totalité du mexicain Grupo Modelo. Le groupe brassicole belgo-brésilien, basé à Louvain, a dévoilé hier une série de mesures destinées à vaincre l’hostilité du régulateur américain. Le département de la Justice (DoJ) s’oppose à l’opération d’un montant de 20,1 milliards de dollars, de crainte qu’elle ne porte atteinte au libre jeu de la concurrence.
Le brasseur, qui contrôle près de la moitié du marché américain de la bière, a décidé de céder à Constellation Brands, un distributeur et producteur américain de boissons alcoolisées (gin Skol, whisky Black Velvet, vignobles Robert Mondavi...) l’usine de Piedras Negras, la pépite industrielle de Modelo. Située à proximité de la frontière avec le Texas, elle produit environ 60% des besoins existants pour les marques de Modelo aux Etats-Unis. Environ 400 millions de dollars seront investis sur une période de trois ans afin d’accroître les capacités de l’installation.
En outre, Constellation Brands remporte les droits perpétuels pour la Corona et les marques de Modelo sur le sol américain. Dans le projet initial, il était déjà prévu que Modelo cède pour 1,85 milliard de dollars la moitié de sa participation dans la coentreprise Crown Imports à Constellation Brands. Mais l’effort avait été considéré comme insuffisant par le DoJ.
Ces dernières concessions, d’un montant de 2,9 milliards de dollars, donnent un sérieux coup de fouet à Constellation Brands. Le groupe deviendrait le troisième brasseur et distributeur de bière aux Etats-Unis, derrière AB InBev et MillerCoors, une joint-venture entre SABMiller et Molson Coors. «Cela fera aussi de Constellation le premier fournisseur multicatégorie pour la bière, le vin et les spiritueux», a souligné son PDG Rob Sands lors d’une conférence téléphonique.
Les investisseurs ont adoré : l’action a clôturé en hausse de 37,20% à 43,74 dollars. Ce prix de 2,9 milliards de dollars est basé sur un Ebitda estimé pour 2012 à 310 millions de dollars, a indiqué AB InBev. Cela implique un multiple d’acquisition d’environ 9 fois, ce que le courtier Jefferies considère comme étant «équitable».
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?