2011 s’ouvre sur de nouveaux espoirs de fusion entre Porsche et Volkswagen
Le juge de l’Etat de New York, Harold Baer, a offert un appréciable présent de fin d’année aux artisans de la fusion entre Porsche et Volkswagen. En rejetant jeudi dernier les plaintes déposées par des hedge funds concernant la communication financière de Porsche en 2008, le juge a renforcé les espoirs de voir l’opération se nouer comme prévu fin 2011. Même si les fonds pourraient ne pas s’avouer vaincus.
La quarantaine de fonds alternatifs, réunis sous les bannières d’Elliott Associates et de Black Diamond, se lamentent d’avoir perdu 2 milliards de dollars à l’occasion de la tentative avortée de prise de contrôle du principal constructeur automobile européen par son compatriote spécialiste des voitures de sport de luxe. Porsche aurait trompé les fonds en position vendeuse sur ses intentions réelles, provoquant un redoutable «effet de rareté» («short squeeze») lorsque les fonds ont été contraints en catastrophe d’acheter des titres. En ne sortant pas du bois avant octobre 2008, Porsche aurait ainsi verrouillé le marché des titres Volkswagen.
Las, le juge new-yorkais a estimé, sur la foi d’un jugement de la Cour Suprême de juin dernier, que les fonds n’avaient tout simplement pas lieu de solliciter la justice américaine dans le cadre de pratiques hors du territoire national. Aux yeux du juge, la détention de swaps par les plaignants équivalait en pratique à celle de titres ordinaires sur le marché boursier allemand. La «réalité économique» serait donc celle de transactions nouées à l’étranger, hors du champ de protection par la justice américaine. De son côté, sans autre commentaire, Porsche a souligné que les poursuites visant l’ancien président du directoire Wendelin Wiedeking ainsi que son adjoint Holger Härter avaient également été rejetées.
De quoi redonner du baume au cœur à Martin Winterkorn, le président du directoire des deux groupes, reconduit dimanche à la tête de Volkswagen jusqu'à fin 2016, et qui avait en octobre fait vœu de prudence sur l’échéance de fin 2011. Outre l’embûche des hedge funds américains, un écueil impliquant une fiscalité alourdie si la fusion devait être achevée avant 2014 fait toujours l’objet de négociations avec les pouvoirs publics allemands. Déjà, les actionnaires de Porsche ont approuvé le 30 novembre une augmentation de capital de 5 milliards d’euros destinée à réduire l’endettement et à rembourser un prêt bancaire arrivant à échéance fin juin 2011.
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