Weinberg Capital Partners prend ses pertes dans le dossier Via Location
Un LBO monté en 2007 et qui se solde par un échec financier après, déjà, une première restructuration: le dossier Via Location est emblématique de ce qui attend certaines participations de fonds d’investissement. Le loueur de véhicules industriels, numéro deux du secteur en France derrière Fraikin, s’apprête à passer sous la coupe du fonds britannique Intermediate Capital Group (ICG), spécialiste de la dette mezzanine et déjà au tour de table. Cette prise de «contrôle exclusif» a été discrètement notifiée à l’Autorité de la concurrence, le 20 février.
La notification passe sous silence l’identité des actionnaires actuels. Or, c’est le fonds d’investissement Weinberg Capital Partners qui contrôlait la société depuis six ans et qui, de fait, prend ses pertes dans l’opération. A l’occasion d’un LBO secondaire monté en mars 2007, il avait acquis 50% du capital, aux côtés d’Edmond de Rothschild –qui ramenait alors sa part de 52% à 20% en empochant 2,6 fois sa mise–, et de la Financière Dentressangle (10%), un autre actionnaire historique. Le solde était détenu par ICG et par 75 cadres environ. Intermediate Capital Group avait aussi arrangé une dette mezzanine de 30 millions d’euros, en complément d’une dette senior de 96 millions d’euros. Une ligne de 230 millions finançait par ailleurs la flotte de véhicules du loueur.
La transaction valorisait alors la cible à 350 millions, selon le Capital Finance de l’époque. Mais les projections financières élaborées quelques mois avant le début de la crise financière se sont vite révélées caduques. Dès 2009, une première restructuration conseillée par Rothschild a eu lieu, sans modifier les grands équilibres. Les actionnaires ont réinjecté un peu de capital, et les clauses de prêt bancaire (covenants) ont été modifiées.
Mais cela n’a pas suffi. Les LBO restructurés autour de 2009 l’ont d’ailleurs souvent été à partir de plans qui prévoyaient une reprise économique dès 2011-2012, démentie par les faits. «Via Location a un problème structurel de rentabilité», ajoute une source financière. Selon ses comptes 2011 déposés au greffe, la société a dégagé 130 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un excédent brut d’exploitation de 8 millions. Les comptes 2012 ne sont pas encore disponibles.
Aucun des protagonistes du dossier, joints par L’Agefi, n’a souhaité faire de commentaires. La restructuration s’est faite sans conseil financier.
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