Une décote de la dette bancaire irlandaise aurait un impact financier limité
Le panorama de la dette bancaire irlandaise est à présent plus net. Alors que les autorités irlandaises ont été critiquées pour leur manque de transparence à ce sujet, la banque centrale d’Irlande a publié la semaine dernière la liste des encours de dette des six principaux établissements du pays (voir tableau ci-contre). La dette senior non garantie et non sécurisée s’élève à 16,4 milliards d’euros, tandis que la dette garantie par l’Etat ressort à 20,9 milliards et les covered bonds à 19,1 milliards. L’évaluation de la dette senior non garantie et non adossée à des actifs était particulièrement délicate, et néanmoins indispensable pour connaître l’impact d’une éventuelle décote sur ces titres, un thème central durant la récente campagne électorale.
Les dettes seniors d’Anglo Irish et Irish Nationwide, les deux banques les plus vulnérables et sur le point d’être démembrées, seront prioritairement ciblées par le gouvernement s’il décide d’imposer des décotes. Leur lignes non garanties et non sécurisées s’élèvent à 3,75 milliards d’euros. «Une décote de 30% se traduirait par un gain en capital d’environ 1,1 milliard. Ce montant est à rapprocher des 34,7 milliards d’euros de capitaux déjà injectés par le gouvernement dans les deux établissements, explique le bureau d’analyse CreditSights. Les décotes sur la dette senior des deux banques seraient donc un important geste politique mais auraient un impact financier relativement faible». Le nouveau gouvernement aura en tout cas intérêt à se décider rapidement sur la façon de mettre à contribution les créanciers seniors. Des lignes de AIB et Irish Nationwide arrivent à échéance en mai prochain.
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