Un dirigeant de la SEC appelle à durcir les règles sur les rachats d’actions
Les critiques contre les rachats d’actions sont fréquentes. Mais celles lancées la semaine dernière à titre personnel par Robert J. Jackson, l’un des quatre commissaires de la Securities and Exchange Commission (SEC), résonnent plus fortement. Car si cet ancien professeur de droit à la New York School of Law, nommé par Donald Trump à la SEC début 2018, souligne, comme d’autres, le fait que les rachats d’actions détournent les entreprises de leurs investissements, son discours fustige surtout le lien entre rachats d’actions et rémunération des dirigeants. «Il est évident qu’un nombre important de dirigeants d’entreprise utilisent aujourd’hui les rachats d’actions pour monétiser les actions de l’entreprise qu’ils ont reçues à titre de rémunération», lance Robert J. Jackson, chiffres à l’appui.
Les équipes de Robert J. Jackson ont étudié 385 programmes de rachats d’actions réalisés lors des 15 derniers mois. Dans les 30 jours suivant leur annonce, les valeurs concernées ont progressé de 2,5%, une réaction logique, un plan de rachats d’actions signifiant que l’entreprise s’estime bon marché. Robert J. Jackson se dit en revanche «surpris» par le fait que pour la moitié des 385 programmes étudiés, au moins un dirigeant a vendu des actions dans le mois suivant l’annonce du plan. «Donc, juste après que l’entreprises signale au marché que ses actions sont bon marché, les dirigeants décident massivement de vendre des titres», s’étonne le commissaire.
Robert J. Jackson admet que ces cessions d’actions n’ont rien d’illégales. Mais elles constituent selon lui un contournement des efforts entrepris ces dernières années par le législateur, les régulateurs, les investisseurs et les conseils d’administration eux-mêmes pour tenter de lier la rémunération des dirigeants à la performance à long terme de l’entreprise. «Les règles de la SEC», qui datent de 1982, avec une mise à jour en 2003, «ne permettent pas dissuader les dirigeants d’utiliser les rachats d’actions à cet effet. Il est temps que cela change», lance le commissaire, regrettant au passage que des dispositions envisagées dans le Dodd-Frank Act sur la rémunération des dirigeants attendent toujours leur promulgation. Il appelle à l’ouverture d’une consultation publique.
Au premier trimestre, profitant des effets de la réforme fiscale, les groupes cotés américains ont racheté pour 178 milliards de dollars d’actions.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques européennes s’entichent toujours davantage de rachats d’actions
Pas moins de 11 milliards d’euros de rachats d’actions ont été annoncés ou confirmés par les grandes banques européennes à l’occasion de la publication de leurs trimestriels. -
La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
La banque de la Défense a enregistré une nouvelle progression de ses résultats au deuxième trimestre et les dirigeants visent des réductions de coûts plus importantes que prévu sur l'ensemble de l'exercice. -
Chargeurs privilégie une offre de rachat d’actions au versement d'un dividende exceptionnel
Le conglomérat familial compte lancer une offre publique de rachat d’actions (OPRA) au prix de 14 euros par action, soit près du double du cours avant l’annonce.
ETF à la Une
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
Contenu de nos partenaires
-
ExceptionItalie : pourquoi le Sud-Tyrol continue à faire des enfants
Grâce à sa richesse, ses services publics et un marché du travail favorable aux familles, la province autonome de Bolzano résiste mieux au déclin démographique que le reste de la péninsule -
Les hauts lieux du luxe à la française : Trégunc, dernier royaume du ciré jaune
Sur la côte sud du Finistère, à quelques kilomètres de Concarneau, les célèbres cirés Guy Cotten continuent d'être fabriqués là où tout a commencé il y a soixante ans. Une usine bretonne où l'on soude encore les vêtements de mer un à un et dont le parfum évoque les quais de pêche comme les départs des grandes courses au large. -
La malédiction du second tourSecond tour de la présidentielle de 2017 : la déroute de Marine Le Pen
23 avril 2017, 20h01. C’est officiel : Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle. Un succès ? Oui, pour celle qui mène sa deuxième campagne depuis qu’elle a pris la tête du Front national. Une surprise ? Pas vraiment : c’était l’objectif du parti d’extrême droite, déjà en troisième position cinq ans plus tôt.