UBS ferme la parenthèse de son fonds de soutien public

La banque verse 3,8 milliards de dollars pour la part de la banque centrale au sein d’un StabFund initialement doté de 39 milliards d’actifs toxiques en 2008
Benoît Menou

UBS a soldé la semaine passée une part du lourd héritage de la crise. La Banque nationale de Suisse (BNS) a en effet annoncé avoir signé avec la banque helvétique un accord de rachat par cette dernière de la totalité du fonds de stabilisation, le StabFund, mis en œuvre en 2008 pour venir en aide à un établissement systémique alors déstabilisé, parallèlement au renforcement de ses fonds propres par l’Etat par le biais d’un emprunt convertible. La part acquise aujourd’hui par UBS au sein du StabFund pour 3,762 milliards de dollars correspond à la moitié des fonds propres de 6,5 milliards une fois ôté le premier milliard entièrement du à la BNS.

En 2008, il s’agissait d’alléger le risque au bilan d’UBS, qui a transféré au StabFund entre octobre 2008 et avril 2009 quelque 38,7 milliards de dollars d’actifs illiquides (en dollars pour les deux tiers et adossés à l’immobilier pour près des trois quarts). L’installation du StabFund était financée par un apport en capital de 3,9 milliards consenti comme garantie par UBS ainsi que par un prêt de 25,8 milliards de la BNS au fonds. C’est le remboursement intégral de ce prêt intervenu en août qui ouvrait le droit pour UBS de racheter le fonds, en date effective du 30 septembre dernier.

La BNS, qui s’est félicité d’avoir «mené à terme une entreprise exceptionnelle et riche en défis», a précisé avoir perçu 1,6 milliard de dollars d’intérêts sur ce prêt (à Libor 1 mois + 250 points de base). Quant à UBS, qui n’a fait vendredi aucun commentaire, elle estime selon le Financial Times à 100 points de base le gain de l’opération sur son ratio core tier 1 (11,9% à fin septembre).

L’aventure du StabFund aura consisté en la liquidation du portefeuille en moins de cinq ans. «La BNS et UBS se sont attelées ensemble à cette tâche», comme le souligne la banque centrale, notamment grâce à la stratégie de gestion et de vente développée côté UBS par une équipe de 70 personnes. Fin septembre 2013, l’actif du fonds se composait ainsi en totalité de liquidités hors actifs invendus d’une valeur marchande de 2 millions de dollars. La BNS relève que «les titres américains, en particulier, ont généré un produit plus élevé que le prix payé à l’origine à UBS», tandis que les actifs européens ont «enregistré une évolution moins favorable, la crise de la dette survenue dès 2010 en Europe ayant affecté la valeur de ces positions».

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