UBS divisera par deux le poids de sa BFI
Sergio Ermotti a tranché. Le nouveau directeur général d’UBS a annoncé hier à New York une division par deux des actifs pondérés de sa banque de financement et d’investissement à l’horizon fin 2016. Le groupe suisse continuera donc à marcher sur deux jambes – gestion de fortune et BFI – mais la seconde sera nettement raccourcie. Dans cinq ans, les actifs pondérés par le risque de la banque d’investissement seront passés à 150 milliards de francs environ, contre 300 milliards au 30 septembre en normes Bâle 3.
Une partie de la baisse proviendra de l’extinction des actifs toxiques hérités de la bulle du crédit. De 70 milliards de francs (58 milliards d’euros) à fin septembre, ils tomberont à 30 milliards fin 2013 et à 5 milliards en 2016. La «core investment bank», le cœur de l’activité, ne devra donc en parallèle réduire «que» de 35% ses actifs pondérés (RWA), de 230 à 150 milliards. Mais avec un temps de passage beaucoup plus serré, dès la fin 2013.
Passée au tamis des nouvelles réglementations, la division taux change et matières premières, où se concentrent 160 milliards de francs de RWA, supportera la majeure partie de l’effort. Des activités seront fermées: trading directionnel macro, produits structurés complexes, titrisation. D’autres mises au régime: trading sur les taux courts et surtout longs, activités de flux sur le crédit aux Etats-Unis. La réduction de voilure devrait amputer les revenus annuels de 300 millions de francs dans les taux et de 200 millions dans le crédit. En revanche, UBS prévoit de maintenir sa présence dans les pays émergents, et même d’accroître le bilan alloué aux matières premières et aux situations spéciales.
Dans le pôle actions, les services de prime brokerage croîtront, au détriment des dérivés et du cash ainsi que des convertibles (equity linked). Enfin, le pôle conseil sera renforcé aux Etats-Unis et dans les émergents.
Dans le même temps, UBS estime que les mesures d’économies annoncées en juillet lui permettront de ramener le coefficient d’exploitation de la BFI entre 70 et 80%. Les effectifs du pôle devraient tomber à 16.500 fin 2013 contre 18.000 aujourd’hui.
Ebranlée par la crise de la dette et par la récente fraude d’un de ses traders, UBS espère que ce recentrage drastique vers des activités plus simples permettra enfin à sa BFI de dégager des performances stables. L’objectif de rentabilité, avant impôt, est fixé entre 12% et 17% dès le début 2013. La même fourchette, après impôt, est prévue à l’échelle du groupe, au lieu des 15% à 20% précédents. UBS compte sur une croissance annuelle de 3% à 5% de sa collecte nette en gestion de fortune (2% à 4% en Amérique).
Ce régime sec améliorera aussi la solvabilité du groupe. De 6,2% à fin septembre si l’on appliquait immédiatement les règles Bâle 3 (10,1% avec le régime transitoire), le ratio de fonds propres durs (common equity tier one) passerait à 12,2% dès fin 2013. A terme, la banque vise un ratio de 13%, auxquels s’ajouteront 6% d’instruments de dette non dilutive comptant comme du capital. UBS envisage donc d’émettre des obligations convertibles (CoCos) avec un seuil de déclenchement très bas, ou bien assorties de clauses permettant une réduction du nominal.
Mais Sergio Ermotti promet aussi un dividende de 10 centimes pour 2011, une première en quatre ans, et un «plan progressif de restitution du capital par la suite». Les actionnaires, qui ont vu le titre s’effondrer de 85% depuis le 1er janvier 2007 (contre -75% pour Credit Suisse), en ont bien besoin.
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