UBS clôt un nouveau litige via un accord aux Etats-Unis sur les RMBS
UBS tourne une page dans les crédits subprimes. La première banque suisse a annoncé hier un accord de principe avec les autorités américaines mettant fin aux poursuites sur des RMBS (obligations adossées à des prêts résidentiels) vendus de 2004 à 2007. S’il est entériné par l’ensemble des parties, il réglerait le contentieux l’opposant aux rehausseurs de crédit américains Fanny Mae et Freddie Mac, représentés dans cette affaire par l’Autorité fédérale du financement de l’habitat (FHSA).
Selon les analystes de Credit Suisse, UBS est l’établissement européen le plus touché par ce litige qui pourrait lui coûter 1,2 milliard de dollars (900 millions d’euros), plus 2,3 milliards liés notamment à des actions de groupe. Sans donner de chiffres, UBS indique avoir couvert l’affaire par des provisions passées et celles enregistrées au deuxième trimestre.
Au total, les litiges, provisions et dépréciations lui ont coûté 865 millions de francs (700 millions d’euros) avant impôt au cours du trimestre, révèlent les résultats préliminaires dévoilés hier. 700 millions concernent la division des actifs toxiques ou gérés en extinction, et 100 millions une charge liée au traité fiscal entre la Suisse et le Royaume-Uni. UBS a tout de même publié un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 690 millions de francs, meilleur que le consensus des analystes pour le deuxième trimestre consécutif, et supérieur aux 524 millions d’il y a un an.
En attendant ses résultats complets, le 30 juillet, UBS a fait état d’une décollecte de 2 milliards de francs en gestion d’actifs sur le trimestre, mais surtout d’une collecte nette de 10,1 milliards dans la gestion de fortune hors Amériques et de 2,7 milliards en Amériques. Redevenu l’an dernier le premier gestionnaire de fortune mondial, selon le cabinet Scorpio Partnership, UBS confirme son redressement dans son métier historique.
Empêtrée dans diverses affaires d’aide à la fraude fiscale, elle doit pourtant prouver qu’elle mérite la confiance de ses clients et des autorités. Si UBS a déjà payé un lourd tribut aux Etats-Unis, contrairement aux autres banques suisses, une amende de 150 millions d’euros la menace désormais en Allemagne, selon Der Spiegel.
En France, la banque a été condamnée à 10 millions d’euros d’amende par l’Autorité de contrôle prudentiel, pour insuffisance du contrôle interne. Elle est mise en examen pour complicité de démarchage illicite de clients fortunés français.
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