La banque suisse annonce une restructuration d’une ampleur inédite, qui reconfigure le secteur
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Antoine Landrot
Conférence de presse de Sergio Ermotti le 30 octobre 2012. Photo: Gianluca Colla/Bloomberg
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Les principaux éléments avaient déjà filtré, mais l’annonce a néanmoins provoqué une onde de choc. UBS, dirigée par Sergio Ermotti (photo), va supprimer près de 10.000 postes d’ici à 2015, sur les 64.000 dans le groupe suisse aujourd’hui. La banque d’investissement, présente surtout à Londres et aux Etats-Unis, en paye le prix fort. UBS Investment Bank (IB) se concentrera désormais sur le conseil, l’analyse financière, les actions, les changes et les métaux précieux. Elle abandonne la quasi-totalité des activités de taux.
«UBS n’opérera plus dans les lignes de métiers qui ne parviennent pas à couvrir leur coût du capital de manière durable ou dans des domaines caractérisés par une grande complexité ou des risques de perte extrême», indique la banque. Le futur régime prudentiel de Bâle 3, auquel le régulateur suisse a ajouté des critères encore plus sévères, pèsera fortement sur les rendements des fonds propres des banques, dès lors contraintes à des arbitrages (plus ou moins) tranchés.
Au sein du front-office, 2.000 postes sont visés. En comptant les fonctions de soutien, les suppressions atteindront le nombre de 5.000 dans le pôle titres. La Grande-Bretagne concentrera un peu plus de la moitié du total des réductions, la Suisse 2.500 et les Etats-Unis à peine moins.
Cette «accélération stratégique» va provoquer donc une attrition des activités de banque d’investissement d’UBS, que cette dernière avait constituée à coups d’acquisitions (SG Warburg, Dillon Read). Aux côtés du métier historique de banque privée, UBS IB constituait le second des deux piliers sur lesquels le groupe a bâti sa croissance au cours des décennies 1990 et 2000. La direction estime que la restructuration lui fera économiser 3,4 milliards de francs suisses sur trois ans, qui s’ajoutent aux 2 milliards annoncés en août 2011. Elle a en outre fixé l’objectif de faire passer le montant des actifs pondérés sous Bâle 3 sous la barre des 200 milliards, contre 301 milliards au 30 septembre dernier.
Reste à connaître l’effet du retrait d’UBS sur l’industrie du fixed income. «L’activité d’UBS sur les taux représente environ 5% des revenus totaux réalisés par les dix premiers acteurs sur ce marché. Le change représente environ 0,5 point de ce pourcentage; reste 4,5% à récupérer. Etant donné les évolutions de parts de marché dans ces activités, Deutsche Bank et Barclays devraient figurer parmi les principaux bénéficiaires du retrait d’UBS», estiment les analystes actions de la Société Générale.
Deutsche Bank, qui publiait également ses comptes hier, a d’ailleurs annoncé qu’elle chercherait à profiter du retrait d’UBS. «Pour nous, en tant que leader sur les marchés à taux fixe, la réduction des capacités est une bonne chose», a déclaré son directeur financier Stefan Krause.
En revanche, «la décision d’UBS devrait mettre la pression sur d’autres acteurs qui n’ont que trop peu de positions de leaders dans les métiers de BFI. L’impact du passage à Bâle 3 devrait pousser à la recherche de taille critique», estiment les analystes d’Oddo Securities. Ces derniers citent en particulier la Société Générale, les banques britanniques hors Barclays, Commerzbank et Natixis. Les analystes de la Société Générale privilégient le Crédit Agricole, RBS et UniCredit.
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