UBS brandit des garde-fous pour justifier la hausse de ses bonus
De nouveau bénéficiaire en 2013, UBS récompense ses banquiers. Le groupe helvétique a annoncé hier une hausse de 28% de leurs bonus, lors de la publication de résultats annuels très supérieurs aux attentes. Le montant total des primes atteindra 3,2 milliards de francs suisses (2,6 milliards d’euros) cette année, contre 2,5 milliards en 2012.
«En 2013, nous avons achevé une année de transformation en avance sur la majorité de nos objectifs financiers et stratégiques, a justifié UBS, après un exercice 2012 marqué par l’abandon de pans entiers de son pôle obligataire et par le scandale du Libor. «Nous nous sentons à l’aise avec notre schéma de rémunération qui est désormais normalisé dans l’ensemble de la banque et nous permet d’être compétitifs et d’attirer et retenir les meilleurs talents», a abondé Sergio Ermotti, directeur général du groupe. UBS a décidé de porter de 250.000 à 300.000 francs le seuil de déclenchement des bonus différés (versés au bout de plusieurs années).
En contrepartie, la banque va de nouveau payer une partie de ses bonus en capital contingent, comme Credit Suisse. Chez UBS, la valeur de ces obligations devient nulle si le ratio de fonds propres de la banque tombe en dessous de 7%. Un niveau inférieur au seuil de déclenchement de 10% imposé aux membres de son comité exécutif, mais supérieur au plancher de 5% des instruments vendus aux investisseurs. Le ratio de fonds propres durs Bâle 3 du groupe atteignait 12,8% fin décembre.
UBS n’a en revanche pas clarifié la manière dont elle souhaite se conformer à la directive européenne CRD 4. Elle réfléchit à un système d’«indemnités» pour gonfler les salaires, sachant que les bonus 2014 ne pourront dépasser la part fixe. Barclays (dont le patron vient de renoncer à son bonus 2013), HSBC, Bank of America et JPMorgan réfléchissent aussi à ce mécanisme. Mais la hausse des rémunérations totales n’est pas à l’ordre du jour partout. L’an dernier, elles ont crû de 7% en moyenne chez UBS, Bank of America et Morgan Stanley, mais elles ont baissé chez Goldman Sachs et dans les BFI de JPMorgan et Deutsche Bank.
Au sujet d’UBS, «c’est offensant quand les bonus dépassent les profits», a réagi Robby Tschopp, responsable du groupe d’actionnaires activistes Actares, interrogé par Reuters. Pour calmer ses actionnaires, la banque compte toutefois renforcer son dividende, déjà en hausse de 67% en 2013.
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